En présentant « six propositions pour une filière oléoprotéagineuse forte en Europe », les professionnels du secteur ont réclamé le 23 novembre une « cohérence des politiques publiques ».
Il s’agit d’allier « croissance de l’agriculture et compétitivité écologique » (une écologie « dépassionnée, constructive »), a déclaré le président de la Fop (producteurs, FNSEA) Arnaud Rousseau, lors d’une conférence de presse. La filière avance « six propositions », dans la perspective notamment de la présidence française de l’UE au premier semestre 2022. L’une d’elles consiste à « mettre en place des clauses miroirs aux frontières européennes, afin que les importations respectent enfin les standards » dans l’UE. À l’échelle nationale, le secteur appelle aussi à « faire cesser la surtransposition des normes ».
L’accès aux moyens de production
Un gros volet concerne l’accès aux moyens de production. C’est de « permettre l’usage du phosmet à l’automne 2022, afin d’éviter de plonger la filière dans une impasse technique et que ne disparaissent 30 % des surfaces de colza en France ». Le retrait de cet insecticide doit être examiné par l’UE en décembre ou janvier. Une solution alternative est le cyantraniliprole, dont la filière attend l’homologation, ou la possibilité de dérogation comme celle accordée aux néonicotinoïdes pour la betterave. Plus polémique, il est question de « faciliter le recours aux nouvelles techniques de sélection variétale », les fameuses NBT. Les professionnels montent aussi au créneau pour défendre les tournesols VRTH (variétés rendues tolérantes aux herbicides), qui représentent « environ 30 % des surfaces » en France. Pour lutter contre « certaines plantes invasives, type ambroisie, il n’y a que cette solution-là », a considéré Gilles Robillard, président de Terres Inovia (institut technique). Sa crainte est que le projet d’ordonnance, visant à réglementer les conditions de culture des VRTH, soit trop contraignant. La « cohérence des politiques » revient également, selon la filière, à « assurer la réciprocité des conditions d’utilisation des produits de protection des plantes en réduisant les tolérances sur les produits importés (LMR, limites maximales de résidus), et inscrire leurs restrictions d’usage dans un cadre européen pour ne pas fragiliser les producteurs français ».
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Une proposition vise à reconquérir la souveraineté protéique, ce qui passe par « un plan protéines ambitieux au niveau européen », la France ayant déjà lancé le sien en décembre 2020. Le secteur des oléoprotéagineux appelle aussi à amplifier les efforts de recherche agronomique et accompagner le déploiement des innovations chez les agriculteurs. Dernières propositions : « Sécuriser le revenu des producteurs pour mener les efforts de transition », ouvrir de nouveaux débouchés aux énergies renouvelables issues de la biomasse agricole.