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Olives de table : huile et offre rares tendent les prix

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La Fédération des industries condimentaires de France (FICF) alerte sur la raréfaction de l’offre en olives prêtes à consommer cette année. Sécheresse et spéculations sur l’huile renchérissent les prix.

Des sécheresses à répétition et des canicules intenses dans les principaux pays producteurs d’olives, dont la France, affectent la production d’olives emballées et prêtes à consommer. La Fédération des industries condimentaires de France (FICF) alerte sur la raréfaction de l’offre cette année. « Les quantités d’olives récoltées dans les zones de production françaises (Picholine, Lucques et Nyons) sont très inégales selon les parcelles et il est encore difficile d’évaluer la récolte dans sa globalité, indique Hubert Bocquelet, délégué général de FICF. On peut d’ores et déjà affirmer que la production française ne pourra en aucun cas compenser les quantités d’olives insuffisantes des terroirs des zones internationales ».

Pénurie dans tous les pays producteurs

Car les mêmes soucis se rencontrent dans les autres pays producteurs. En Espagne, la récolte est inférieure de 20 % à la moyenne des récoltes des trois dernières années, déjà considérées comme ″faibles″. Au Maroc, les stocks d’olives noires à la grecque sont actuellement inexistants. « Or, leur production nécessitant un temps de préparation, on ne peut espérer les prochaines olives noires préparées à la grecque avant avril-mai au plus tôt avec une crainte d’une quantité encore très faible, note la FICF. Au-delà des prix qui sont fortement impactés, c’est également la disponibilité sur toute l’année 2024 qui est incertaine sur cette variété. » En Grèce, la récolte d’olives vertes (Konservolea, Chalkidiki et Koroneiki) est seulement à 10 % des quantités attendues lors d’une récolte normale. Bien qu’elle n’ait pas encore commencé, la récolte des olives noires (Kalamata) pourrait être un peu meilleure mais les calibres seront petits et une partie des olives sera utilisée pour la production d’huile.

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Le basculement des producteurs d’olives vers la transformation en huile est un phénomène qui inquiète les industries condimentaires françaises. En effet, les volumes prévus pour les olives prêtes à consommer pâtissent aussi de la pression sur le marché de l’huile d’olive. Les cours de celle-ci ont triplé en deux ans après des récoltes 2022 et 2023 très mauvaises, redirigeant des volumes vers cette production plus rémunératrice pour les producteurs, explique la FICF. Ce serait tout particulièrement le cas pour la variété Picholine en France, et la Hojiblanca en Espagne. Pour couronner le tout, le Maroc a récemment annoncé limiter ses exportations vers l’étranger pour la récolte 2023/2024 pour alimenter son marché intérieur. Pour la Fédération des industries condimentaires de France, cette situation générale devrait nécessairement entraîner une diminution des produits mais aussi une forte augmentation des prix.

La récolte d’olives en France est très inégale en 2023