La remise en cause de la future Commission européenne par le parlement de Strasbourg n’a pas suscité beaucoup de réactions en France, notamment de la part du monde agricole. Pourtant, celui-ci ne doit pas considérer ce tremblement de terre bruxello-strasbourgeois comme une simple péripétie. Son onde de choc se répercutera en particulier sur la politique agricole qui demeure, rappelons-le, la politique la plus développée de l’Europe.
En premier lieu, il n’est pas impossible, surtout si Rocco Buttiglione reste membre de la Commission mais à une autre responsabilité, qu’un jeu de chaises musicales fasse changer de fonction la titulaire de l’agriculture, Mariann Fischer-Boel. L’accueil plutôt frais qu’a réservé le parlement à son audition pourrait inciter la patron de la Commission à lui proposer un autre poste. Le cas échéant, les prémices de la politique annoncée par Mariann Fischer-Boel n’auront pas suscité de grands regrets de la part des agriculteurs. Mais il est vrai que, de plus en plus, la politique agricole de l’Europe est le fait de l’ensemble de la Commission et pas seulement du responsable en titre de ce secteur.
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En second lieu, et surtout à plus long terme, le pas de clerc de la future commission va renforcer le poids du Parlement de Strasbourg dans la conduite des affaires par Bruxelles. Difficile de dire à l’avance s’il y a lieu de s’en féliciter ou de le regretter. Mais il est sûr – et en tout cas on en semble convaincu à la FNSEA – que cela doit impliquer chez les organisations agricoles un repositionnement de leur lobbying. Etre actif à Strasbourg devient aussi important qu’être présent à Bruxelles.