Tous les acteurs économiques de l'agriculture, de l'alimentation et de la distribution responsables, sont attendus comme l'an dernier au forum international Open Agrifood les 18 et 19 novembre à Orléans. L'occasion d'échanger et de faire émerger des projets.
Lancé en 2014, le forum Open Agrifood se tiendra les 18 et 19 novembre à Orléans autour du thème : Alimentation et citoyenneté. Un lieu d'échange et de réflexion autour de l'agriculture, de l'alimentation et de la distribution qui s'adresse à tous les acteurs économiques concernés, du plus petit au plus grand. Les organisateurs ont annoncé attendre « au moins 2 000 personnes (contre plus de 1 700 l'an dernier) », lors d'une conférence de presse le 22 octobre. Si Leclerc et Système U étaient associés l'édition précédente, les organisateurs ont eu visiblement plus de mal à convaincre la grande distribution cette année.Ils annoncent qu'une seule une enseigne s'associera à l'Open Agrifood cette fois, sans dévoiler son nom.
SORTIR DES IDÉES TOUTES FAITES
L'Open Agrifood est toujours présidé par Xavier Beulin, (président de la FNSEA et du groupe Avril) aux côtés d'Emmanuel Vasseneix, à la vice-présidence (dirigeant de LSDH et d'Unijus). Le romancier Eric Orsenna est président d'honneur de l'Open Agrifood Initiatives, un « do tank » qui synthétise le travail de réflexion mené ces derniers mois par plusieurs groupes d'experts autour de problématiques sociétales et économiques. Xavier Beulin a appelé à prendre des risques et à ouvrir le débat sur les enjeux et les problématiques. « Cessons d'opposer les éleveurs et les céréaliers, les circuits courts et les circuits longs… parce que derrière toutes les initiatives il y a des hommes et des femmes. Il faut dépasser l'opposition et essayer de décloisonner les sujets. Sortons des dogmes et des idées toutes faites, mais défendons nos produits, notre diversité et construisons une nouvelle solidarité. » Et d'espérer qu'un certain nombre de chantiers qui auront émergé à l'occasion de ce forum, se concrétisent.
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La plénière d'ouverture du colloque sous le thème « des chemins vers l'autosuffisance alimentaire » constitue un des points forts de l'Open Agrifood. « Le but est de faire émerger les initiatives les plus intéressantes à travers les continents, qu'elles émanent de grands groupes ou d'individus », ont insisté les organisateurs.
Parmi les intervenants annoncés sont notamment attendus le Frère Godfrey Nzamujo, fondateur du centre Songhaï au Bénin, un modèle de production agricole qui permet aux producteurs de renforcer leur sécurité alimentaire, le professeur Li Xiaoyun, directeur du centre international de développement rural à l'université agricole de Chine, qui viendra expliquer ce qui se fait chez lui (le professeur Li Xiaoyun vient aussi dans la perspective de reproduire l'Open Agrifood à Pékin), Moez Al Shohdi, co-fondateur et président de Egyptian Food Banking Régional Network qui lutte contre la faim dans le monde, ou encore Christophe Dequidt, journaliste, professeur en économie qui a réalisé un tour du monde des moissons d'un an pour mieux comprendre la mondialisation et la géopolitique du blé dans 18 pays. Son témoignage sera enrichi par celui de trois étudiants étrangers de l'Isa Lille qui dépeindront les pratiques dans leur pays, c'est-à-dire en Inde, aux Etats-Unis et en Argentine, en matière d'agriculture.
Des échanges sont également prévus autour du gaspillage alimentaire avec l'intervention de Guillaume Garot, de la fracture alimentaire, des enjeux autour de la nutrition santé et de la sécurité alimentaire.
A l'occasion de ce point presse, les organisateurs ont présenté les résultats exclusifs d'un sondage Ifop-Open agrifood (1 000 personnes interrogés fin septembre 2015) réalisé en collaboration avec Sopexa sur la perception de la « consommation responsable » par le grand public. Si un Français sur deux déclare que le pays d'origine est important/déterminant au moment de l'achat, le souci du « made in France » est surtout vrai chez les seniors. « Manger français » est pour eux bien souvent lié à des questions de santé, preuve s'il en fallait, de la bonne réputation de la production nationale. Neuf Français sur dix accordent de l'importance au fait de manger des produits d'origine France. Quant à payer plus cher les produits alimentaires pour garantir un revenu correct aux agriculteurs, 55 % des sondés se déclarent prêts à le faire, mais pas à n'importe quelle condition. En effet si 37 % d'entre eux sont prêts à payer 5 % plus cher, ils ne sont plus que 15 % à accepter de payer 10 % plus cher et seulement 3 % pour une hausse de 15 %.