Les céréales et les grandes cultures en général seront-elles les matières premières stratégiques de demain, comme l’est aujourd’hui le pétrole ? Ce qui est sûr, c’est que la planète en aura de plus en plus besoin. La progression démographique mondiale, la demande chinoise, celle de l’Inde ou même encore de l’Europe, les nouvelles valorisations énergétiques… tout contribue à faire des grandes cultures, pour les générations à venir, une arme stratégique, un objet de pouvoir comme jamais encore nous ne l’aurons observé. Les problèmes de l’eau eux-mêmes feront sans doute de ces produits une des richesses inattendues de l’homme. Bilan : la demande de grains va augmenter plus vite que l’offre, nous rappellent les experts de l’Inra.
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Ces prospectives – quand bien même elles ne se réaliseraient que partiellement – jettent une lumière crue sur les négociations qui ont actuellement lieu dans le cadre de l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Ces discussions conduisent moins à libéraliser des marchés agricoles pour contribuer au développement des pays pauvres, qu’à répartir le droit d’approvisionner le monde en produits alimentaires. Ce qui va se configurer à Hong Kong, comme dans les réunions ultérieures, n’est-ce pas une sorte d’OPEP de l’agriculture et de l’alimentation ? En croyant œuvrer pour le développement du tiers monde, un homme de gauche comme Pascal Lamy ne fait-il pas plutôt le lit des grandes exploitations brésiliennes, argentines, australiennes ou encore d’Amérique du Nord ? En somme, faudra-t-il manger du sucre brésilien, des protéines américaines, des bananes dollar, et s’habiller avec du coton chinois ?