Les épisodes orageux de la fin du mois de mai et début juin ont détruit plusieurs milliers d’hectares de vignes et provoqué des excès d’eau dans les parcelles, notamment en grandes cultures. Les premières estimations des assureurs évoquent « entre 60 et 70 millions d’euros » de dommages dans le monde agricole.
Le printemps 2018 arrive « en deuxième position des printemps les plus instables en France depuis la fin des années 1940 », avec près de 84 jours d’orages sur les trois mois de printemps, et notamment le mois de mai 2018 est devenu « le deuxième mois de mai le plus instable » depuis le début des relevés. C’est ainsi que Keraunos, l’observatoire français des tornades et des orages violents, résumait le 20 juin la période de forts orages qu’a connue l’ensemble du territoire français ces dernières semaines. Un épisode qui a occasionné à ce jour « près de 214 000 déclarations de sinistres, pour un coût estimé de 430 millions d’euros », prévenait dans un communiqué le 25 juin dernier la Fédération française de l’assurance. Orages de grêles et pluies violentes se sont caractérisés « par leur durée, leur étendue géographique et la diversité des dégâts qu’ils ont occasionnés », les dommages étant ainsi « de nature très diverse : inondations, coulée de boues, dommages électriques, pertes d’exploitation, etc. ».
Autour de 7 000 déclarations de sinistres en agriculture
Les agriculteurs ont été particulièrement touchés par deux phénomènes : un orage de grêle autour du 26 mai dans le nord de la Gironde et la Charente ayant détruit « plusieurs milliers d’hectares de vignes » notamment dans le cognac. Et des « pluies torrentielles qui ont généré un excès d’eau dans les parcelles, affectant principalement les grandes cultures (colza, blé, orge) » de manière plus dispersée sur le territoire.
« D’après les premières tendances, le coût des dommages causés par ces deux épisodes est estimé entre 60 et 70 millions d’euros pour environ 7 000 déclarations de sinistres », précise Christophe Delcamp, directeur adjoint assurances de dommages et responsabilité de la FFA. Des estimations qui ne reflètent pas l’ensemble des dégâts occasionnés, certaines filières agricoles, notamment arboricoles, étant encore très peu assurées. Des estimations qui peuvent être également amenées à évoluer du fait des types de contrats d’assurance concernés : les contrats d'assurance récolte et les contrats grêle. « Le principe des contrats multirisques climatiques sur récolte consiste à indemniser la baisse de rendement provoquée par un ou plusieurs événements climatiques durant la période de couverture du contrat. Or, cette baisse ne peut être constatée qu’une fois les récoltes terminées », rappelle Christophe Delcamp. Surtout « la plante est vivante, et dans le cas d’un excès d’eau, le réchauffement de ces dernières semaines peut atténuer les pertes, voire les réduire totalement », ajoute-t-il.
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Des montants encore loin de 2016
Dans le cas des grandes cultures, les indemnisations éventuelles devraient donc avoir lieu après l’été. Des constatations des dégâts à plusieurs moments doivent d’ailleurs être réalisées avant toute indemnisation. « Dans les 2 à 3 jours qui suivent le sinistre, un expert se déplace afin de constater les pertes, puis Il revient dans les 10 jours afin de consolider son expertise. Et une fois la récolte engrangée, un constat des pertes définitives de rendement est établi », détaille Christophe Delcamp.
Si les dommages sont importants, « on est encore très loin des montants de l’année 2016 », rappelle-t-il. « L’inondation de la mi-juin 2016 avait coûté près de 400 millions d’euros et les sinistres en agriculture 700 millions d’euros sur l’année », évoque-t-il. L’année 2018 ne s’annonce pourtant pas de tout repos pour les assureurs : entre les tempêtes Carmen et Eléonor au mois de janvier, les inondations de janvier/février et les orages de printemps, celle-ci présente une succession d’événements qui devrait encore contribuer à augmenter l’importance des dégâts occasionnés par le climat.