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Grandes cultures Orama dénonce la politique incohérente de la France en matière de productivité

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Lors d’une conférence de presse le 10 janvier, Orama a regretté le décalage entre les décisions du gouvernement sur les OGM et la réforme de la Pac, qui iraient à l’encontre des engagements pris lors du G20 concernant la hausse de la productivité mondiale.

«Le G20 nous a rappelé qu’il faut produire plus, partout dans le monde. Mais pour ça, il faut que la France et l’Europe prennent aussi leur part de responsabilité », a lancé Philippe Pinta, président d’Orama, lors de la conférence du 10 janvier. A l’origine de cette remontrance, la volonté du gouvernement d’interdire la culture de l’OGM Mon 810. « Derrière une décision arbitrale de la Commission européenne, on regrette de ne pas avoir eu un gouvernement qui ait saisi l’opportunité pour reprendre le dialogue sur le sujet », déplore Philippe Pinta, ajoutant que le rejet d’une reprise de discussions « est scandaleux, et trahit un manque de respect envers le travail effectué sur le sujet ». Pire, selon Orama, la réception des Faucheurs volontaires au ministère de l’Ecologie le 20 décembre représente un véritable affront pour tous les agriculteurs. « Je ne vous cache pas qu’il est intolérable pour nous de voir le ministère de l’Environnement recevoir les faucheurs. Quand le monde agricole voit cela, il se demande ce qui l’empêcherait d’emprunter la même stratégie », a prévenu Philipe Pinta, tout en précisant qu’Orama « condamne » ces agissements. Mais c’est surtout l’incohérence de la politique française qui inquiète les organisations membres d’Orama. Alors que la culture OGM connaît un nouveau revers en France, « tout est fait pour que l’on puisse importer des éléments génétiquement modifiés des pays étrangers », insiste Philipe Pinta, fustigeant « l’obstination du gouvernement à évacuer le sujet, simplement parce qu’il est très gênant en cette période de campagne présidentielle »

La nouvelle Pac freinerait la production
Une incohérence qui dépasse d’ailleurs le seul sujet des OGM, estime Orama. Sur la réforme de la Pac par exemple, l’union de producteurs regrette des mesures qui vont à l’encontre du but annoncé de la politique européenne. « Nous sommes complètement d’accord sur l’idée qu’il faut augmenter la productivité comme indiqué en préambule des propositions, mais les compositions techniques des avancées de la Pac partent complètement à l’envers ! », s’étonne Philippe Pinta. Les compositions techniques font ici référence au verdissement déjà dénoncé à plusieurs reprises, mais aussi aux 7% de surfaces d’intérêt écologique qui seraient imposés par la nouvelle Pac. « Au delà de 3%, il s’agit en réalité d’une jachère déguisée », estime Orama, « un parti pris injustifiable de non-production », juge-t-il. Même constat en ce qui concerne « la sanctuarisation de toutes les prairies permanentes (qui) ne peut que jouer contre les terres labourables », prédit le président d’Orama. Un amoncellement de décisions qui iraient donc à l’encontre du « devoir de produire davantage » que se donnent les producteurs des grandes cultures. « L’agriculture et l’agroalimentaire représentent le 3e secteur positif de notre balance commercial », rappelle Philippe Pinta, affirmant qu’« il faut s’inscrire dans la croissance et non dans la décroissance pour sortir de la crise ».

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