Abonné

Revenu Orama juge indispensable un plan de compétitivité pour corriger l’effet Pac

- - 4 min

Les producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux soulignent les « lourdes amputations de subventions » par rapport à leurs homologues européens. Leur revenu brut, chiffré pour 2013 entre 25 et 35 000 euros, tomberait à 15-25 000 euros en appliquant les aides de la Pac annoncées pour 2019. Ils demandent au gouvernement un plan de compétitivité, dont la première concrétisation est un accord interprofessionnel pour améliorer le taux de protéines du blé tendre.

Orama demande au gouvernement un plan de compétitivité face aux pertes de revenu liées à la nouvelle Pac. Dans un communiqué, les producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux l’estiment indispensable pour corriger les « lourdes amputations de subventions » par rapport aux homologues européens. Leur revenu brut 2013 est chiffré entre 25 et 35 000 euros, soit une baisse de moitié en comparaison de 2012, « année exceptionnelle », selon les termes du président Philippe Pinta le 4 décembre lors d’une conférence de presse. Il tomberait à 15-25 000 euros en appliquant les aides de la Pac annoncées pour 2019. Un « choc », d’après Philippe Pinta, qui a souligné la perte de compétitivité vis-à-vis de la concurrence allemande, évaluée à 10 euros/t en céréales et environ 20 euros/t en oléagineux. « En zones intermédiaires françaises, les aides à l’hectare seront voisines de celles des Roumains », a-t-il lancé.
 
« Produire plus et mieux »
Le plan de compétitivité pour accompagner à « produire plus et mieux » vise une optimisation des rendements et de la qualité des récoltes, notamment par la libération des facteurs de production. Philippe Pinta a relevé, entre autres, les difficultés d’homologation de produits phytosanitaires. Selon Orama, il est nécessaire aussi de mobiliser les compétences et savoirs face aux enjeux environnementaux, au lieu des normes « imposées sans distinction », de dynamiser la logistique de stockage via le plan silo. L’union des grandes cultures préconise encore la promotion d’outils plus performants pour gérer les aléas climatiques et économiques, en rendant plus efficiente la dotation pour aléa. Son plan de compétitivité inclut une facilité accrue d’adaptation des structures et modes d’organisation des exploitations, via par exemple les assolements en commun. Autre volet, la méthanisation.
 
Derniers ajustements de la Pac
Dans l’immédiat, le combat d’Orama porte sur les derniers ajustements de la Pac. Il s’agit d’obtenir la moitié de l’enveloppe sur les 2 % d’aides recouplées, dans le cadre d’un plan protéines végétales, et la reconnaissance de l’équivalence agronomique du mulching, afin de permettre la monoculture du maïs. « Cette technique de broyage des cannes après récolte est reconnue au titre de l’agroécologie », a soutenu Anne-Claire Vial, secrétaire générale de l’AGPM, qui espère en tirer un assouplissement de la rotation des cultures prévue dans la nouvelle Pac. Elle a par ailleurs mis en avant la « quintuple » peine des maïsiculteurs en 2013 : baisse des rendements de 30 à 35 % dans certaines régions, chute des prix de 50-60 euros/t, hausse des coûts de séchage, suppression des néonicotinoïdes, une nouvelle Pac synonyme de pertes de revenu allant de 90 euros/ha en 2015 jusqu’à 150 euros/ha en 2019.
« Un vrai malaise existe chez les producteurs, à cause d’un décalage entre la perception du métier et la réalité », a jugé le président de la Fop Gérard Tubéry. Il leur transmet néanmoins quelques bonnes nouvelles. D’une part, le soja serait éligible au recouplage des aides. D’autre part, un taux d’incorporation des biocarburants d’origine végétale de première génération à 7 % sera défendu par la France, comme l’a annoncé François Hollande le 3 décembre aux 30 ans de Sofiprotéol.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

blé tendre
Suivi
Suivre
céréales
Suivi
Suivre