Bruxelles ne veut pas aller plus loin dans l'étiquetage de l'origine des produits alimentaires. Comme elle s'y était engagée, la Commission européenne a publié en l'espace de quelques mois une série de rapports sur la question : plats préparés à base de viande, produits laitiers, fruits et légumes, céréales… Et, à chaque fois, la conclusion est la même : les coûts supplémentaires qui devront être supportés par l'industrie ou les consommateurs n'en valent pas la chandelle. L'épidémie de vache folle avait poussé l'UE à prendre des mesures pour la viande fraîche. Dans un premier temps, elles ont porté sur la viande bovine, et, depuis le 1er avril, la législation impose un étiquetage obligatoire des lieux d'élevage et d'abattage des porcins, ovins, caprins et de la volaille. Pour les importations, la réglementation européenne prévoit seulement d'indiquer la mention « non UE » pour le lieu d'élevage. Déjà, ce nouveau dispositif était critiqué par certains pour son minimalisme. Mais le scandale de la viande de cheval retrouvée dans des plats préparés au bœuf n'a pas fait bouger les lignes. Les États-Unis, eux, viennent de voir leur système d'indication obligatoire des lieux de naissance, d'élevage et d'abattage (dit COOL), annulé par l'OMC, suite à la plainte du Canada et du Mexique qui dénonçaient son caractère discriminatoire. Le dispositif, même au niveau intérieur, était contesté, car extrêmement coûteux pour l'industrie voire les consommateurs et avec des bénéfices qui restaient à démontrer. Autant de raisons supplémentaires, pour Bruxelles, de ne pas bouger.
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