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Financement Oséo surfe sur les innovations des IAA

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Les industries alimentaires qui innovent ont trouvé des appuis importants l’an dernier auprès d’Oséo, qui cible les PME en développement. Pour 2010, l’établissement financier public multiplie ses efforts de prospection dans le secteur, son budget lui permettant tout à fait de répondre à des projets supplémentaires. Une opportunité à saisir si l’on est bien convaincu que le secteur agroalimentaire ne pourra résister à la crise que par l’innovation.

Oséo a encore apporté son soutien au secteur agroalimentaire en 2009. L’établissement public qui s’adresse aux PME innovantes en priorité, n’a pas perçu de signaux alarmistes dans cette population d’entreprises et a pu lui allouer à peu près le même budget que dans la moyenne des trois dernières années.
En dépit d’un contexte conjoncturel tendu, Oséo a consacré 21,6 M EUR pour les projets de 329 entreprises des IAA, soit un chiffre voisin de celui de 2008 (25 M pour 322 dossiers). En y ajoutant 120 projets propres au secteur agricole, le concours à la filière a atteint 31 M EUR, soit toujours 8% du total des aides à l’innovation d’Oséo, selon la synthèse annuelle établie par Ariane Voyatzakis, responsable sectorielle chez Oséo. Dans les IAA, les bénéficiaires de subventions ont été les plus nombreux (214 dossiers) et se sont partagé 8,4 M EUR tandis que 115 entreprises ont touché 13,2 M d’avances remboursables. Dans la première catégorie figurent une trentaine de PME qui ont émargé à la ligne de 1 M EUR ouverte désormais chaque année par le ministère de l’Alimentation dans le cadre d’une convention particulière conclue avec Oséo.

Les PAI sont en flèche
Par région, les projets aidés se sont concentrés dans le Nord Pas de Calais et le Languedoc-Roussillon tandis que la Bretagne accusait une baisse des montants d’aides par rapport à l’année précédente.
Par secteur d’activité, ce sont les PAI (produits alimentaires intermédiaires) qui se retrouvent comme il y a deux ans en tête des financements d’Oséo, notamment les ingrédients ayant des applications pour la santé et le bien-être. En 2008, c’était le secteur diététique et alicament qui avait pris provisoirement le dessus. Avec les équipementiers et les outils de mesure et contrôle, ce sont les domaines les plus riches en innovations de rupture. Sinon, dans les différentes branches de l’agroalimentaire, se distinguent plus que d’autres les boissons, la boulangerie, l’alimentation animale et les produits laitiers.
La vocation d’Oséo à soutenir les PME se confirme puisque 70% des projets 2009 émanent d’entreprises de moins de 50 salariés et 96% des projets sont portés par des entreprises de moins de 250 salariés. Les entreprises soutenues sont pour la plupart en phase de développement : en effet, deux tiers d’entre elles ont plus de 8 ans d’existence contre 20% moins de 3 ans et 19% entre 3 et 8 ans.
Il n’empêche qu’Oséo a financé 13 créations, 41 projets de création de nouveaux produits par des étudiants (notamment le concours Trophelia) et 4 instituts de recherche ou d’enseignement supérieur pour la valorisation de leurs travaux par l’industrie.
Soucieux de privilégier les projets collaboratifs entre entreprises et centres de recherche, Oséo a accordé 12 M EUR aux projets issus des pôles de compétitivité agroalimentaires, soit plus du tiers de ses concours au secteur. D’une manière générale, plus de la moitié des projets soutenus par Oséo dans l’agroalimentaire met en œuvre des partenariats de R&D avec des laboratoires académiques, des centres techniques ou des industriels tiers.

Santé-nutrition toujours
Malgré un contexte de crise, provoquant plus d’arbitrages par les prix et un certain essor du « fait à la maison », Oséo a observé une forte tendance des industriels à privilégier le goût, la santé et la nutrition qui sont de vrais moteurs de l’innovation, et pas seulement dans les produits à haute valeur ajoutée. On notera à cet égard le cofinancement par Oséo et le conseil régional Nord Pas de Calais d’un programme (Nutriprev) qui vise à améliorer la qualité nutritionnelle des aliments. De même, Oséo a soutenu des études permettant de justifier une allégation de santé selon la nouvelle réglementation européenne.
Dans un autre axe, celui de la praticité de l’alimentation, Oséo a soutenu la société France Ponte qui a récemment mis au point un procédé de rupture technologique permettant d’automatiser la production d’œufs pochés, moulés et cuits sous vide.

Eco-conception
En lien avec le thème de l’environnement, l’industrie alimentaire développe l’éco-conception des procédés, des équipements comme des emballages. Oséo a dans ce sens soutenu la société Oeneo Bouchage pour le développement d’une nouvelle gamme de bouchons composites issus de la chimie verte, qui supprime le goût de bouchon dans le vin. De même, la société Claranor, leader pour l’agroalimentaire des équipements de décontamination par lumière pulsée ; celle-ci est chef de file d’un projet collaboratif, Beata Lux, en lien avec des constructeurs de systèmes de conditionnement, des industriels utilisateurs et des centres d’expertise en France et en Allemagne.
La société Biothermie a mis au point des plateformes afin de transformer des effluents graisseux de l’industrie alimentaire en bio-combustible propre, stockable et utilisable sur place.
D’autres techniques ou aliments particulièrement novateurs ont aussi attiré les différents modes de soutien financiers d’Oséo. Ainsi la société bretonne Polaris (lipochimie des lipides nutritionnels) qui produit pour les IAA, pour le secteur des compléments alimentaires, celui de la nutrition animale, de la cosmétique,… a levé 6 M EUR en capital, grâce à la qualification « entreprise innovante » au titre des FCPI, plus une aide à l’innovation (670 KEUR), un contrat de développement innovation (600 KEUR) et un prêt participatif (100 KEUR). La jeune société Agrival a mis au point (avec une aide à l’innovation de 350 K EUR) un procédé d’extraction des sous-produits de l’artichaut valorisés en fabrication de barquettes alimentaires entièrement recyclables.
Autre exemple, Copalis, société issue de la coopérative de transformation des produits de la pêche à Boulogne, qui développe des ingrédients marins à forte valeur ajoutée pour l’alimentation fonctionnelle, la nutraceutique… est impliquée dans des programmes de recherche (Eureka, SeefoodPlus, Aquimer…) et a lancé une filiale de pet-food Petco International.

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