La confrontation entre les deux premiers collecteurs de lait aura-t-elle raison de l’accord fragile adopté en janvier sur l’évolution de la paye des producteurs ? Les entreprises auraient en ce cas beaucoup à perdre, car la flexibilité instaurée alors permet d’être plus en phase avec la réalité des marchés. Mais ce risque prend de l’ampleur, le syndicalisme estimant que l’accord interprofessionnel est « pris en otage » depuis les décisions parallèles de Sodiaal et de Lactalis de pratiquer des baisses supplémentaires en plus de celle prévue à compter du deuxième trimestre. Le premier à tirer a été le groupe Sodiaal. On pouvait s’y attendre dès lors que le premier groupe coopératif laitier avouait des déficits croissants et qu’il annonçait en même temps son engagement dans la société Orlait pour y héberger les laits de consommation qui ne portent pas la marque Candia. La facture ne pouvait pas, tôt ou tard, ne pas être présentée aux producteurs. Ce qui n’était pas prévu, c’est l’effet boule de neige qui s’en est suivi. Bien que paré de toutes les vertus d’un «fonds coopératif de restructuration», cet argent non versé aux producteurs par une entreprise contrainte de financer un plan d’économies, a donné un coup de sang au premier collecteur privé : le groupe Lactalis, prompt à stigmatiser une distorsion de concurrence et à dire que les producteurs sont otages de la Coopération, s’est senti délié des engagements de janvier et s’est aligné sur cette nouvelle baisse. Le premier avait la bénédiction du comité des sages prévu dans l’accord interprofessionnel, et le second ne veut connaître que l’autorité des dispositions cosignées par les trois familles du Cniel. Qui les départagera ?
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