Abonné

Edito Où va Senoble ?

- - 2 min

Marc Senoble vend ses activités en Espagne, dont une nouvelle usine, dans laquelle il vient d'investir 60 millions d'euros. La volonté affichée du groupe consiste à se recentrer sur les produits à forte valeur ajoutée. Et en Espagne, Senoble travaille beaucoup pour Mercadona, à la marque de ce dernier. Soit.

Mais Senoble, avec ses 900 millions d'euros de chiffre d'affaires et 3 200 salariés en 2013, n'est pas une multinationale. Le groupe n'a pas une envergure telle qu'il soit capable de jongler avec des actifs à 60 millions d'euros, en fonction de phases de diversification et de recentrage qui se succèdent dans les multinationales.

Après la cession de quatre usines françaises à Agrial et celle de trois usines (deux en Espagne et une en Slovaquie) à Schreiber Foods, il ne restera à Marc Senoble que cinq sites industriels. Sensiblement moins que ceux qu'il a vendus.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

On peut légitimement se demander ce que vont devenir les activités restantes de Senoble. Le groupe, sous couvert de recentrage, procède-t-il en réalité à une vente par appartements ?

La reprise de quatre usines à Danone et celle des trois sites de Senoble, qui fait de Schreiber Foods un acteur significatif de l'ultrafrais sous MDD en Europe, pose une autre question de taille : les acteurs français de l'ultrafrais sous MDD ne devront-ils pas, eux aussi, acquérir une dimension européenne ?

Comme souvent, les histoires d'hommes font et défont les affaires. Il se murmure que Senoble quitte en réalité l'Espagne contraint et forcé, sur fond de frictions avec Mercadona. Et comment ne pas remarquer que la direction de Schreiber Foods, acquéreur des activités espagnole et slovaque de Senoble, compte dans ses rangs François Salamon, passé, entre 2008 et 2012, par le comité de direction de… Senoble.