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Oui aux mesures pour l’élevage, non à l’écotaxe !

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S’il a accueilli positivement la décision de la Cour de justice européenne, annoncée la veille, qui rend possible l’instauration de CVO pour alimenter le fond de modernisation de l’élevage abondé par les céréaliers, Alain Guillaume, président du Snia, voudrait qu’il permette de lever suffisamment de fonds pour aider concrètement la filière. Satisfait que la Pac prenne en compte l’élevage, il attend toutefois les résultats, espérant qu’ils seront au rendez-vous. De même les différents plans d’action prévus par le gouvernement pour l’élevage (volaille, filière porcine, filière laitière) sont accueillis positivement, et le Snia va maintenant suivre de près leur mise en œuvre. Et de juger que dans ce contexte de grande fragilité des filières animales,
« c’est une folie de voir l’Europe vouloir inclure des produits aussi sensibles que le lait, le porc, les œufs ou la volaille dans des accords bilatéraux avec de grands pays qui produisent tout autrement que nous », selon les termes d’Alain Guillaume.

L’écotaxe représente 0,3 % du résultat des industriels de la nutrition animale

Du côté des transports, c’est également le mécontentement qui domine. « La logistique coûte aujourd’hui parfois plus cher que la fabrication de nos aliments », s’est alarmé Alain Guillaume. « Le projet d’Ecotaxe nous a fait sortir de nos gonds, et nous ne décolérons pas », a-t-il également souligné. Selon les estimations du Snia, le surcoût lié à cette taxe, inégale selon les régions, équivaut à environ 20 M EUR pour la profession, soit environ 0,3 % du résultat de 2011, pour un résultat inférieur à 1 % en moyenne dans les entreprises de nutrition animale. Pour remédier à cette situation, le Snia préconise plusieurs pistes de travail : l’équipement des élevages en silos, afin de les livrer en camion complets ; une dérogation permanente aux restrictions de circulation ; une exonération d’Ecotaxe pour l’élevage ; que l’autorisation des 44 t ne soit pas remise en cause par le nouveau plafond de 12 t par essieu.
Autre point d’inquiétude, le comportement des banques, dont le Snia considère qu’elles ne jouent pas leur rôle auprès des éleveurs. « En ce moment, c’est trop souvent le cas et nous sommes bien placés pour le savoir en constatant l’augmentation alarmante de nos encours. Les banquiers ne font pas leur travail. (…) Nous avons, plusieurs fois déjà, alerté les pouvoirs publics à ce sujet et demandons une évaluation de l’engagement des banques », a-t-il déclaré.

Qualité et coût des approvisionnements

Au rang des chantiers, le Snia a annoncé sa participation à une démarche interprofessionnelle sur la baisse des seuils de réfaction contractuels pour les impuretés (ils datent de l’après-guerre) sur le calcul des niveaux de tolérance de certaines substances indésirables en proportion de ce qui est exigé sur les aliments composés. Avec les céréaliers, le Snia envisage aussi d’établir un niveau de référence du taux de protéine dans les contrats (11 % par exemple), avec des plus ou moins values de part et d’autre de ce taux. Un dispositif qui serait mis en place dès le départ du champ pour valoriser les choix agronomiques, déterminants pour le taux de protéine.
Dans le cadre de la plateforme « approvisionnements durables », récemment créée, le Snia et Coop de France ne veulent plus se contenter d’assurer la durabilité des matières premières métropolitaines (4/5eme des approvisionnements), ils veulent également pouvoir s’engager sur les importations. Les conseils d’administration de deux syndicats doivent être saisis des conclusions de cette plateforme pour mettre en place un plan d’action.
Toujours sur le chapitre des approvisionnements, le Snia rappelle que les assurances qui lui permettent d’amortir la volatilité des matières premières sont onéreuses. Il réitère sa proposition de prendre en compte un « tunnel de prix », comme dans l’accord de 2001, pour mettre en œuvre un système plus économe entre les OS et les industriels de la nutrition animale.

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