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Bernard Manhes (Commerce inter-entreprises) « Oui à des contrats validés par les interprofessions »

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Les sociétés de négoce inter-entreprises ne sont pas opposées à la notion de contrats entre agriculteurs et metteurs en marché envisagée dans le cadre de la loi de modernisation de l’agriculture. A condition qu’il ne s’agisse pas de contrats administrés mais de textes conçus dans le cadre des interprofessions. Président de la CGI (Confédération générale du commerce inter-entreprises), Bernard Manhes estime également qu’il est impératif de renoncer, dans la loi, à des amendes, qu’il juge totalement excessives, en cas de non-signature de contrats.

On vous prête une certaine hostilité à la notion de contrat avec les agriculteurs. Etes-vous contre le principe des contrats tels qu’ils sont prévus dans la loi de modernisation de l’agriculture ?
Nous ne sommes pas contre les contrats. Nous sommes tout à fait d’accord avec le fait qu’ils doivent s’inscrire dans une politique de garantie des revenus des agriculteurs. Mais il faut tenir compte de la diversité des situations et des filières. Les modalités et le contenu de ces contrats doivent être validés dans le cadre des interprofessions, pas dans un cadre administratif. De plus, on estime complètement absurde la mesure qui vise à pénaliser de 75 000 euros d’amende par contrat une entreprise qui ne les signerait pas avec la totalité de ses fournisseurs. Là encore, il faut laisser aux interprofessions la capacité de définir les pénalités. Si de telles amendes étaient infligées, au risque de mettre à bas bien des entreprises, qu’on en fasse des sanctions pénales. Au moins, on pourrait se défendre devant un juge !

Mais vos adhérents sont-ils prêts, dans ces contrats, à s’engager sur des quantités et des prix ?
Oui, à condition qu’on n’impose pas un engagement sur 100% de la quantité produite par un producteur. Il faut laisser de la souplesse pour pouvoir s’adapter aux fluctuations d’un marché au sein d’une année. Un engagement sur 80% des quantités produites pourrait constituer une bonne proportion. L’agriculteur, de même que son client, doivent conserver une marge de manœuvre au cas où les prix fluctuent fortement. On ne sait pas en début d’année ce qui se passera au troisième ou quatrième trimestre. C’est ce qui fait que ce ne sont sans doute pas les prix eux-mêmes qui doivent être indiqués mais les modalités de fixation de ces prix.

Le projet de loi prévoit la disparition des trois R : ristournes, rabais, remises, sur les fruits et légumes. Est-ce que cela vous convient ou non ?
Non, pas du tout. Vouloir faire disparaître les remises sur quantités, par exemple, est absurde. Ces remises qui dépendent de la quantité livrée sont la base même du commerce. Selon qu’il livre 100 kilos ou une tonne, le fournisseur ne va pas fixer le même prix à l’unité. Si ces trois R sont supprimés, alors il faut qu’ils soient supprimés pour les marchés où nous sommes, à notre tour, des fournisseurs. Cela concerne en particulier les marchés publics.

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