La FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA) ne participera pas au prochain Groupe national ours si elle ne constate pas « d’évolutions notables et rapides » dans la politique de gestion du prédateur, a menacé son représentant Franck Watts le 12 décembre dans un entretien à Agra Presse. Selon cet éleveur ariégeois, cette instance est « quasiment à l’arrêt en 2023 », et « son ambition n’est pas du tout à la hauteur des attentes des éleveurs ». La dernière réunion s’est tenue le 22 novembre, le groupe se réunit habituellement deux fois par an (au printemps et en fin d’année). En particulier, les six groupes de travail lancés en 2022 (1) sont « en stand-by », car « le préfet n’a pas provisionné les crédits pour leur animation ».
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Par ailleurs, déplore la FNO, 2023 restera comme « une année quasi blanche pour l’effarouchement », les arrêtés départementaux en la matière ayant presque tous été suspendus par le tribunal administratif de Toulouse. « Seule l’estive de Taus-Espugues, dans le Couserans (Ariège, NDLR) a pu bénéficier d’interventions de l’OFB de niveau 2 » (tirs non létaux). Rencontré le 7 décembre, le préfet coordinateur sur l’ours Thierry Hégay « nous a assuré que ses services travaillent sur le renforcement juridique des textes », indique M. Watts. « Devant l’échec complet du triptyque “clôture-chiens-bergers”, nous attendons la généralisation de l’effarouchement comme le seul espoir pour essayer de gérer la population d’ours et de l’éduquer à avoir peur des activités humaines. »
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Selon les derniers chiffres disponibles, dans l’ensemble de Pyrénées, 945 animaux trouvés morts ont été expertisés entre le 1er janvier et le 31 octobre 2023 (dont 892 ovins). En général, la responsabilité de l’ours est officiellement établie dans environ deux tiers des dossiers.