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Biodiversité Ouverture au Japon d’une négociation internationale difficile sur la biodiversité

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Les ministres de l’environnement de l’UE, réunis le 14 octobre à Luxembourg, devaient adopter des conclusions sur la préparation de la 10e réunion de la conférence des parties (CdP 10) à la Convention sur la diversité biologique qui se tient du 18 au 29 octobre 2010 à Nagoya, au Japon. Selon le commissaire européen responsable du dossier, Janez Potocnik, celle-ci se concentrera sur deux questions très sensibles : le financement de la biodiversité mondiale et la conclusion des négociations sur un protocole concernant l’accès aux ressources et le partage des bénéfices.

La position de l’UE sur la question du financement (refus d’envisager un objectif chiffré, pas d’offre de financement supplémentaire) est jugée inacceptable par les pays en développement, fait valoir Janez Potocnik. Ces derniers conditionnent le niveau d’ambition du nouveau Plan stratégique de la Convention pour 2011-2020 à des dispositions suffisantes et prévisibles pour le financement.
Pour l’UE, la priorité, à Nagoya, sera de parvenir à un accord sur un Plan stratégique ambitieux, rappelle le commissaire européen à l’environnement. De leur côté, les pays en développement ne devraient pas être en mesure d’accepter des objectifs contraignants en matière de biodiversité en l’absence de nouveaux engagements de financement, et plus encore en l’absence d’un accord sur l’accès aux ressources et le partage des bénéfices. Sur ce dernier point, il s’agit de faire en sorte que les bénéfices de l’utilisation des ressources destinées à l’élaboration de produits tels que les produits pharmaceutiques et les cosmétiques soient partagés avec le pays dont proviennent ces ressources.
Lors de la conférence, l’UE devrait, selon M. Potocnik, se montrer disposée à engager un processus en vue d’assurer un soutien crédible, financier et autre, tout en insistant sur le fait que celui-ci devra être lié à des engagements forts, notamment dans le cadre du Plan stratégique. Ce processus pouvant finalement aboutir à un accord sur des objectifs de financement.

Un bilan inquiétant aux niveaux européen et mondial

Publié par la Commission européenne le 8 octobre, un rapport confirme que l’UE n’a pas atteint l’objectif qu’elle s’était fixé en 2006 d’enrayer la perte de biodiversité à l’horizon 2010, bien que des progrès aient été enregistrés au cours des deux dernières années. Il souligne même que la biodiversité est toujours lourdement menacée en Europe en raison des exigences excessives que l’activité humaine fait peser sur l’environnement dans l’Union, notamment en ce qui concerne les changements d’affectation des sols, la pollution, les espèces invasives et le changement climatique.
En mars dernier, l’UE s’est assigné un nouvel objectif : enrayer la perte de biodiversité et la dégradation des services écosystémiques d’ici à 2020, assurer leur rétablissement autant que faire se peut, tout en renforçant la contribution européenne à la prévention de la perte de biodiversité à l’échelle de la planète (1).
En dehors de l’UE, la situation est encore plus préoccupante étant donné que les pressions sur la biodiversité continuent d’augmenter, constate aussi Bruxelles. Entre 12 et 15 % des groupes de vertébrés, d’invertébrés et de végétaux ciblés sont menacés d’extinction à l’échelle mondiale. La communauté internationale n’a pas réussi, non plus, à atteindre l’objectif mondial d’une réduction significative de la perte de biodiversité dans le monde en 2010.
« Il faut que tout le monde se sente concerné, et pas seulement en Europe, rappelle le commissaire européen à l’environnement. La menace qui pèse sur la biodiversité ailleurs dans le monde est encore plus grande que dans l’UE. C’est pourquoi il est impératif que la conférence de Nagoya débouche sur une stratégie mondiale forte en matière de protection de la biodiversité et des écosystèmes ».

(1) Voir n° 3244 du 22/03/10

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