Le parquet de Lyon a ouvert une enquête préliminaire pour "administration de substances nuisibles", suite au dépôt de plainte par le syndicat apicole de l’Aisne contre Bayer, a-t-on appris le 4 juillet. Mais l’enquête ne vise pas spécifiquement Bayer.
L’affaire remonte en fait au mois de février, lorsque Sylvère Obry, apiculteur amateur dans l’Aisne, se voit refuser par le groupe Famille Michaud Apiculteurs un lot de trois fûts de miel toutes fleurs, soit 900 kilos, en raison de la présence de glyphosate.
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Selon le groupe Famille Michaud Apiculteurs, des "substances exogènes dont le glyphosate" sont régulièrement détectées dans le miel. Sur la dernière récolte, 12 % des lots fournis en France au groupe présentaient du glyphosate au-dessus du seuil de 10 ppb et sept apiculteurs avaient dû reprendre leurs livraisons. Les miels refusés de Sylvère Obry présentaient, quant à eux, une contamination à hauteur de 16 ppb, ajoute le groupe, un niveau toutefois inférieur au seuil maximal de 50 ppb autorisé par la réglementation européenne.
C’est la première plainte déposée contre un produit Monsanto (fabricant de glyphosate) depuis que Bayer a racheté le géant de l’agrochimie américain, une opération toujours en attente de l’approbation définitive des autorités de la concurrence américaines. Le glyphosate, qualifié de "cancérogène probable" par l’OMS, est l’herbicide le plus utilisé en France. Mis au point par Monsanto, qui l’a commercialisé sous la marque Roundup, il est désormais produit et vendu sous bien d’autres marques.