Trop, c’est trop. La lutte contre l’obésité inspire tout un tas de solutions-miracle : interdire la publicité des émissions pour enfants, éloigner les confiseries des caisses de grandes surfaces, instaurer une taxe sur les produits jugés trop gras, sucrés ou salés… en attendant quelque autre idée qui peut surgir au détour de n’importe quel vote au Parlement. Face à tant d’imagination, le minimum que puisse exiger l’industrie alimentaire est d’être traitée en partenaire responsable et qu’on ne fasse pas l’économie d’un débat et d’une étude d’impact. Avec les pouvoirs publics - que la concertation n’arrange parfois qu’à moitié - c’est là un combat sans cesse à recommencer, et surtout avec le ministère de la Santé. Mais ce que n’imaginait pas le président de l’Ania, c’est d’être pris à revers par un Michel-Edouard Leclerc promettant de retirer de ses caisses les friandises pour enfants. Une vraie trahison annoncée le jour même où Fcd et Ania, pour une fois d’accord, récusaient la méthode dirigiste de Roselyne Bachelot et boycottaient sa réunion pour se donner le temps d’élaborer des propositions communes sur ce dossier. Signe que c’était la goutte d’eau à éviter, Jean-René Buisson a usé d’une rare violence pour taxer le trouble-fête de « démagogie et de faux-semblants ». Et jugé « insupportable » cet art de s’attirer à la fois les bonnes grâces du gouvernement et le feu des projecteurs. Aussi facile que d’annoncer, le mois dernier, le déréférencement de six produits avant leur réintégration discrète il y a quelques jours. En proie à une overdose semblable, la profession sucrière préfère, elle, mettre les rieurs de son côté avec une nouvelle campagne « anti-anti » sucre. A force, on va bien dépassionner et recentrer le débat…

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