Abonné

Ovosexage : exemption confirmée pour le débouché de l’alimentation animale

- - 2 min

Un arrêté paru au Journal officiel le 8 décembre exempte de l’obligation d’ovosexage (détection du sexe dans l’œuf) les poussins de poules pondeuses « utilisés pour l’alimentation animale », quand ils sont « issus de souches dont le sexe de l’embryon ne peut pas être déterminé selon une méthode basée sur la différence de couleur des plumes ». La mise à mort de ces poussins issus de poules blanches (15 % du cheptel) « ne peut être réalisée que par gazage », prévoit le texte. Dans un communiqué du 8 décembre, le CIWF dénonce une « dérogation tellement large qu’elle pourrait permettre de continuer à éliminer tous les mâles de la filière "poules blanches" ». D’après l’ONG, « l’alimentation animale ne se limiterait pas à l’alimentation pour les animaux de zoo mais elle concernerait bien tous les fabricants d’aliments pour animaux, y compris les carnivores domestiques ». Une crainte partagée par L214, qui manifestait le 7 décembre devant la DGAL (ministère de l’Agriculture). L’association abolitionniste chiffre à 8,5 millions le nombre de poussins de lignées blanches (sur un total de 57 millions en France), et redoute que « la filière [choisisse] pour des raisons économiques de recourir à davantage de poules blanches. »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

ovosexage
Suivi
Suivre
alimentation animale
Suivi
Suivre

Lire aussi Ovosexage : 15 % du cheptel exempté, L214 manifeste

Comme prévu par le décret du 5 février 2022, la mise à mort reste interdite pour les poussins des lignées brunes (85 %). Ce sont les seuls animaux sur lesquels fonctionne la méthode d’ovosexage AAT choisie par la filière française des œufs, basée sur la spectrophotométrie. Pour les lignées blanches, « il faut recourir à d’autres méthodes, telles que l’analyse hormonale (technologie Seleggt, NDLR), utilisée en Allemagne », rappelle L214. Une technologie plus chère que la méthode AAT, alors que les œufs des poules blanches sont destinés au marché plus concurrentiel des ovoproduits.

Une dérogation trop large aux yeux du CIWF