Abonné

Ovosexage : le français Tronico a besoin d’un nouveau soutien

- - 3 min

Après une réorientation de ses priorités pour cause de Covid, l’électronicien français Tronico est prêt à relancer ses recherches sur le sexage in ovo… à condition de partager le fardeau avec l’État et d’autres entreprises.

Parmi les travaux en cours sur le sexage in ovo, ceux du français Tronico sont particulièrement attendus par la filière et les pouvoirs publics. Mais « nous n’irons pas tout seuls jusqu’au bout, car nous n’avons pas la possibilité d’autofinancer tout le projet », indique son p.-d.g. Patrick Collet dans un entretien à Agra Presse le 10 novembre. « Nous arrivons en fin de financement public, et nous ne pouvons pas remettre de l’argent sur le tapis », indique-t-il.

Via FranceAgriMer, l’État a accordé à Tronico une subvention de 4,3 M€, partagée avec deux laboratoires du CNRS. « Nous sommes prêts à reprendre les discussions avec le ministère de l’Agriculture », assure M. Collet. Les scientifiques de Tronico travaillent toujours sur l’ovosexage, indique-t-il, « mais nous ne pourrons pas aller jusqu’à la machine complète, ce n’est pas notre métier ». Et de plaider pour un projet plus opérationnel, associant d’autres entreprises « qui savent construire des machines pour les couvoirs et les commercialiser ».

Objectif : un coût du sexage entre 10 et 20 ct

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Pour Patrick Collet, ce sujet du sexage in ovo « rentre à 200 % dans notre stratégie d’entreprise ». Mais la pandémie de Covid-19 a provoqué « un trou noir de neuf mois » dans les recherches. d’après lui. L’électronicien français planchait sur une analyse PCR pour déterminer le sexe des poussins avant leur éclosion. « Quand la Covid est arrivée, nous nous sommes dit que nous pouvions mettre cette technologique au service de la Nation », se souvient M. Collet. « J’ai mis tous nos chercheurs » sur des projets en réponse à l’épidémie, explique-t-il : respirateurs, robots de désinfection en Ehpad et surtout test salivaire PCR. « On se bat depuis deux mois avec les instances pour faire homologuer notre test Covid », peste Patrick Collet, affirmant attendre une réponse promise par les pouvoirs publics « le 20 novembre ».

Avant la pandémie, le projet français accusait déjà un retard face à ses concurrents Seleggt et AAT, dont les méthodes sont déjà utilisées. « Nous avons prouvé qu’entre le septième et le huitième jour d’incubation, on peut trouver par PCR un marqueur du sexe du futur poussin, explique Patrick Collet. Mais il restait beaucoup de travail pour transposer cette analyse à un rythme industriel de 20 000 à 40 000 œufs par heure. » D’autant que Tronico vise un coût le plus bas possible : « Détruire un poussin mâle coûte une dizaine de centimes d’euros, notre objectif est de parvenir à un coût du sexage entre 10 et 20 centimes. » Résultat : avant la Covid-19, l’électronicien tablait sur un « prototype d’ici un an, une machine pas avant deux ans ».

Tronico « prêt à reprendre les discussions avec le ministère »