Une étude comportementale menée auprès d’agriculteurs conclut que des obligations environnementales ambitieuses auront plus d’impact que des mesures volontaires. Mais, pour obtenir l’adhésion des producteurs, les niveaux de soutien doivent être élevés.
« Plus les agriculteurs sont soumis à des exigences environnementales obligatoires, moins ils sont susceptibles d’apporter des contributions volontaires supplémentaires. Toutefois, si les exigences obligatoires sont suffisamment ambitieuses, l’impact positif sur l’environnement fait plus que compenser la baisse des actions volontaires. » Telle est l’une des conclusions d’une étude comportementale que vient de finaliser le centre commun de recherche de la Commission européenne. En d’autres termes : des mesures obligatoires ambitieuses resteraient le meilleur moyen d’obtenir des résultats en matière environnementale pour la Pac.
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Dans un premier groupe, les agriculteurs ont chacun reçu un revenu constant à partir duquel ils ont été invités à verser une partie plus ou moins importante en tant que « contribution environnementale obligatoire ». On leur demandait ensuite combien ils étaient prêts à contribuer volontairement, en plus, à l’environnement, ce pour quoi ils recevaient une compensation de 90 %. Les agriculteurs obligés de contribuer le plus de manière obligatoire ont eu tendance à contribuer volontairement moins que ceux obligés de contribuer plus fortement. Mais leur contribution globale est restée à peu près la même, voire, pour ceux dont les obligations étaient les plus fortes, supérieure. « Cela suggère qu’un effet positif sur l’environnement peut être obtenu par une combinaison de contributions obligatoires et volontaires, mais aussi que des contributions obligatoires élevées entraîneront une contribution totale plus importante à l’environnement », soulignent les chercheurs.
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Des niveaux d’aides élevés
Et ce travail montre aussi que plus le niveau des paiements directs que reçoivent les agriculteurs est élevé, plus ils sont susceptibles d’adopter des activités vertes. En effet, dans un second groupe d’étude, les agriculteurs ont reçu trois niveaux différents de « revenus ». Il leur a ensuite été demandé combien ils comptaient consacrer à l’environnement. Ceux qui commençaient avec le plus d’aides étaient susceptibles de faire des contributions volontaires plus élevées, ce qui suggère que lorsque les agriculteurs ont le sentiment de recevoir des paiements directs élevés, ils sont également disposés à contribuer davantage à l’environnement.
Des pistes de réflexion supplémentaires pour les États membres qui vont devoir présenter – pour validation – à la Commission européenne leurs projets de plans stratégiques d’ici la fin de l’année.