La Pac doit être « simplifiée et modernisée », répète la Commission européenne. Qui prônerait le contraire ? La communication sur « Le futur de l’alimentation et de l’agriculture » qu’elle va publier le 29 novembre, avant-goût en théorie des propositions législatives qu’elle doit présenter mi-2018, est donc très attendue sur ce terrain-là, surtout par les exploitants eux-mêmes. Mais la déception, voire l’inquiétude, pourrait être au rendez-vous. Leurs organisations professionnelles, se fondant sur les différentes versions préparatoires de ce texte, sont préoccupées par le plaidoyer qu’il contient en faveur de la « subsidiarité ». Une obsession de l’équipe Juncker, qui estime que moins légiférer au niveau de l’UE rapprochera celle-ci du citoyen. En résumé, l’objectif est de confier plus d’autonomie aux États membres dans la gestion de la Pac afin, en théorie, de simplifier règles et contrôles. Pour les acteurs de terrain, cette perspective n’est pas vraiment réjouissante. D’abord parce que le caractère commun de cette politique pourrait être encore un peu plus écorné, avec le risque de distorsions de concurrence et, par truchement, des conséquences négatives sur le fonctionnement du marché unique. Et aussi parce que laisser plus de marge aux autorités nationales pour administrer et contrôler ne simplifiera rien, celles-ci faisant preuve généralement de beaucoup de zèle dans la sur-réglementation. Le « futur de l’alimentation et de l’agriculture », comme celui des finances de l’UE, risque d’être semé d’embûches encore plus que prévu si les Vingt-sept s’en tiennent à de telles orientations.
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