Les Vingt-huit tentent, au pas de charge, d’adopter des orientations communes pour la future Pac, alors que la Commission européenne doit présenter ses propositions législatives fin mai ou début juin. Un contexte qui ne favorise pas les débats sur le fond. À cela s’ajoute qu’en l’absence de cadre financier – les propositions de Bruxelles sont attendues pour début mai –, il est difficile d’aborder certains sujets. Pour certains – les mêmes qui refusent d’augmenter leur participation au budget communautaire et qui voudraient voir les crédits de la Pac fortement revus à la baisse (Pays-Bas, Danemark, Suède en tête) –, la seule mention d’un « budget suffisant » pour l’agriculture dans le projet de conclusions du Conseil que prépare la présidence bulgare va déjà trop loin. Alors, trouver un terrain d’entente sur la convergence (entre États membres), le plafonnement ou la dégressivité est tout simplement inenvisageable. Les discussions doivent donc se limiter à la nouvelle subsidiarité proposée par Bruxelles et la simplification qui en découle (ou pas), aux détails du nouveau dispositif de verdissement ou encore aux aides couplées – toujours controversées. Et sur ces sujets, afin de trouver un compromis, les conclusions devraient s’en tenir à des généralités. Sur cette base, la Commission devrait avoir les mains relativement libres pour faire ses propositions qui, de toute façon, et malgré des exercices répétés d’auto-persuasion de sa part en assurant qu’un accord peut être trouvé d’ici le premier trimestre de 2019, n’ont que peu de chances d’être adoptées d’ici la fin de la législature. Les Vingt-sept, puisque le Brexit sera passé par là, auront alors tout le temps d’entrer dans les détails.
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