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La proposition législative de réforme de la Pac ne tient pas compte de la sécurité alimentaire dans les pays en développement, regrette la Coordination européenne des ONG d’urgence et de développement (Concord). Lors d’un colloque organisé par l’ONG, le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter, a également attaqué la politique européenne concernant les biocarburants.
La Coordination européenne des ONG d’urgence et de développement (Concord) a appelé la Commission européenne à prendre en compte la question de la sécurité alimentaire mondiale dans le cadre de la réforme de la Politique agricole commune. À l’occasion d’un colloque organisé le 28 février à Bruxelles, Concord a demandé notamment que soit réalisée une évaluation d’impact de la Pac sur la sécurité alimentaire dans les pays en développement. L’organisation plaide également pour l’interdiction des subventions à l’exportation. « Au cours des deux dernières décennies, la Pac a réduit l’utilisation des aides de marché au profit des paiements directs (…). Mais pour les producteurs des pays en développement, la forme que prennent les soutiens n’a pas d’importance, le système actuel continue de permettre l’exportation de produits à un prix inférieur au coût de production européen », déplore Concord.
Les biocarburants également dans le collimateur
Pour Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation qui intervenait lors de ce colloque, « la politique des biocarburants de l’UE menace la sécurité alimentaire des populations vulnérables en Afrique et aggrave l’accaparement des terres ». Il a appelé la Commission à revoir sa politique concernant les biocarburants en ayant à l’esprit la protection des agriculteurs les plus vulnérables. Un nouveau rapport publié par la plate-forme EuropAfrica et droits de l’homme, présenté à cette occasion, montre en effet que 66% de l’accaparement total des terres en Afrique est destiné à la production de biocarburants. Pour Olivier de Schutter, les règles d’investissement dans les terres agricoles sont trop faibles et permettent aux gros investisseurs d’exclure les petits agriculteurs du marché. « Alors que les fermes familiales de petite taille fournissent plus de 80% de l’alimentation de la population africaine », a-t-il rappelé.
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