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Pac : la simplification et la gestion de crise en centre du débat

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Trop bureaucratique et pas assez réactive face aux crises. Telles sont les deux principales critiques exprimées envers la Pac actuelle par les ministres de l’Agriculture de l’UE réunis les 9 et 10 septembre à Budapest pour commencer à réfléchir à la prochaine réforme.

La majorité des ministres de l’Agriculture (ou de leurs représentants), réunis les 9 et 10 septembre à Budapest par la présidence hongroise, a plaidé pour une simplification de la Pac et des outils de gestion des crises plus souples. Lors de cette réunion informelle – dont étaient absents le commissaire européen (en déplacement au Brésil) et plusieurs ministres (France, Espagne, Allemagne notamment) –, les États membres ont entamé leurs discussions sur la future Pac post 2027. La Hongrie espère soumettre en octobre ou en novembre un projet de conclusions sur ce dossier afin de donner des orientations à la Commission européenne qui présentera mi-2025 sa proposition de cadre financier pluriannuel 2028-2034 puis une proposition de réforme de la Pac.

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István Nagy, le ministre hongrois de l’Agriculture, a indiqué en conférence de presse à l’issue de la rencontre que les Vingt-sept étaient d’accord pour « maintenir le modèle actuel de mise en œuvre de la Pac afin de garantir un revenu décent et des conditions équitables aux agriculteurs ». Mais de prévenir qu’un « équilibre restait à trouver entre les obligations environnementales et la compétitivité des agriculteurs ».

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La réserve agricole au cœur des attentions

Mais le plus gros des interventions a tourné autour de la gestion des crises (économiques, climatiques, sanitaires), lesquelles se sont multipliées ces dernières années. La Finlande estime que les futurs plans stratégiques de la Pac devraient inclure un « élément obligatoire » pour développer les outils de gestion de crise au niveau des États membres. Une petite partie des fonds de l’enveloppe nationale de la Pac pourrait également être affectée à la gestion des crises, selon cette délégation. Allant dans le même sens, la Slovénie et la Croatie ont proposé l’introduction d’un mécanisme ad hoc de réponse aux crises dans le cadre des plans stratégiques. Ce mécanisme volontaire permettrait aux États membres d’agir rapidement et d’alléger la charge qui pèse sur la réserve agricole. Mais plusieurs délégations ont aussi rappelé que le financement de cette réserve agricole devrait continuer à être assuré par le budget de l’UE et ne pas se traduire en une réduction des paiements directs. Pour l’Espagne, notamment, une hausse du budget de la réserve en cas de crise est nécessaire. De quoi alimenter les débats des prochains mois.