Abonné

Pac : l’Allemagne demande de reporter à 2024 l’obligation de rotation des cultures

- - 4 min

Pour faire face aux conséquences de la guerre en Ukraine, et en particulier produire plus de blé, l’Allemagne demande de décaler d’une année l’entrée en application des nouvelles obligations de rotation des cultures de la Pac. Une idée que le commissaire européen à l’Agriculture ne rejette pas d’emblée. Il dit y réfléchir et invite les États membres à envisager d’autres adaptations de leurs plans stratégiques pour soutenir, notamment, les éleveurs.

Le ministre allemand de l’Agriculture Cem Özdemir a demandé le 24 mai lors de la réunion du Conseil Agriculture à Bruxelles à la Commission européenne de reporter d’une année les obligations de la nouvelle Pac, censées entrer en vigueur en janvier 2023, en matière de rotation des cultures afin de permettre aux agriculteurs de produire plus de blé dans le contexte actuel de la guerre en Ukraine. « Nous avons à gérer une situation exceptionnelle, et je pense que cela nous aidera que nos agriculteurs puissent faire pousser du blé à nouveau, afin de soulager le marché », a-t-il indiqué, dénonçant la « guerre du blé » menée par le président russe Vladimir Poutine, qui « utilise la faim comme une arme ».

Une proposition soutenue par quelques délégations (l’Autriche notamment) lors du Conseil Agriculture et à laquelle le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski a répondu qu’il réfléchissait. « Les États membres semblent favorables à cette solution. Nous n’avons pas pris de décision à ce stade mais nous l’envisageons afin de cultiver plus de blé l’année prochaine », a-t-il précisé. Et de préciser : « Personnellement cela me paraît une bonne idée. »

Lire aussi : Pac : les eurodéputés demandent à Bruxelles d’envisager de nouvelles dérogations en 2023

Sans citer explicitement l’obligation de rotation des cultures, les coordinateurs de la commission de l’Agriculture du Parlement européen ont aussi demandé dans une lettre du 18 mai la possibilité de déroger aux obligations de la future Pac dans le contexte de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. La Commission européenne a déjà présenté fin mars un ensemble de mesures pour répondre aux questions de sécurité alimentaire qui permet notamment aux États membres de déroger aux obligations liées aux jachères en 2022.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

D’autres adaptations possibles

Les conséquences de la guerre menée par la Russie en Ukraine pourraient avoir d’autres impacts sur les plans stratégiques de la Pac. « La plupart des pays ont soumis leurs plans avant l’invasion de l’Ukraine, ils ont donc de bonnes raisons de vouloir les modifier aujourd’hui », admet le commissaire européen à l’Agriculture. Janusz Wojciechowski leur suggère, pour venir en aide au secteur de l’élevage particulièrement affecté par la hausse des prix des intrants, de renforcer les dispositifs en faveur du bien-être animal afin de réorienter les fonds de la Pac vers les éleveurs.

Lire aussi : Pac : une validation des plans qui prend déjà du retard

Sur le calendrier, le commissaire Wojciechowski se veut optimiste : tous les plans devraient, selon lui, être finalisés dans les temps. Le nouveau ministre français Marc Fesneau par exemple a indiqué qu’il espérait une validation du dispositif français « dans l’été », admettant toutefois que des « échanges denses et fructueux » sur les remarques que lui avait adressées la Commission européenne étaient en cours.