Le meilleur défenseur de la politique agricole commune, est-ce Jean-René Buisson ? En tout cas, le président de l’Ania semble y croire davantage que les responsables de cette politique au sein de la Commission européenne. Devant les industriels de la viande, réunis à Paris cette semaine, son représentant, Rainer Nagel, questionné sur la nécessité de relancer la production pour réduire le déficit de l’Europe en animaux de boucherie, a choisi de se défausser, voire même de choquer : fier d’avoir « rééquilibré le marché, d’avoir vidé les stocks considérables qui existaient et d’avoir arrêté l’intervention », le responsable des marchés de la viande de la Commission estime que « les échéances prochaines de l’OMC sont faites pour faire progresser les importations ». Telle serait donc la nouvelle « religion » des Commissaires, à l’opposé de l’ancienne : on ne cherche plus à nourrir les Européens ou plus largement le monde, on a depuis longtemps tiré l’échelle. L’argument – et on sent qu’il pourrait servir pour toutes les filières – c’est l’OMC, c’est aussi le coût budgétaire que les contribuables ne voudraient plus supporter, et c’est enfin que l’on ne va quand même pas se risquer à recréer des excédents ! Il y a des politiques nationales pour cela, selon les fonctionnaires européens. Bruxelles ne s’y oppose presque plus…
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Comme le disait Philippe Mangin au sortir d’une réunion à l’Elysée consacrée à l’OMC, quand « la Commission promet déjà la suppression des aides à l’export sans qu’aucun pays ne se montre ouvert à des concessions », il y a lieu de faire « un front uni pour sauver la PAC ». Dominique Bussereau aura donc beaucoup à dire à Mariann Fischer Boel le 30 septembre pour que l’on ne «sorte pas des clous de la réforme de la PAC» à Hong Kong : le mandat confié aux représentants des 25 n’est pas à géométrie variable.