L’Union européenne bientôt à 27 va avoir le plus grand mal à préparer l’après-2020 dans les temps. Son prochain cadre financier pluriannuel et sa politique agricole plus ou moins réformée doivent en principe être mis en œuvre en 2021, les deux étant d’ailleurs liés. Un travail gigantesque que l’âpre négociation du Brexit ne manquera pas d’entraver. Du coup, pourquoi ne pas s’engager plutôt dans une modernisation de la Pac dont les modalités pourraient entrer en application plus rapidement, sans chamboulement majeur ? Question aussi de donner un peu plus de visibilité au secteur. C’est après tout ce que préconisent implicitement les eurodéputés compétents pour le secteur. Ils viennent de voter leurs amendements au tortueux projet de règlement dit omnibus, dans lequel la Commission européenne ouvre d’ailleurs la porte à des modifications des textes de base. Et, avant même la publication des résultats de la consultation publique de Bruxelles qui vient de prendre fin, ils saisissent l’occasion pour suggérer des remèdes, et non pas des placebos, aux faiblesses de cette politique, qu’il s’agisse de l’organisation des producteurs, de la gestion des risques, des mesures de marché en cas de crise ou encore de la simplification du verdissement des aides. L’initiative, que le service de presse parlementaire n’a pas hésité à baptiser « Pac post-2018 », peut sembler un peu osée, et il va falloir être très persuasif et endurant pour la faire accepter par les États membres et par l’exécutif. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas tenter de donner un coup de jeune à une politique qui en a certainement besoin, en attendant, donc, des jours meilleurs.
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