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Pac post 2020 : des OPA aux ONG, unanimité contre Bruxelles en France

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• Les propositions de Bruxelles sont un « échec » pour la FNSEA

La FNSEA a qualifié "d’échec" les propositions de Bruxelles pour la réforme de la Pac annoncées vendredi, dénonçant l’abandon du caractère "commun" de cette politique. Elles sont "dans la droite ligne de la communication de novembre (et ne tiennent pas) compte des nombreuses mises en garde sur les risques de renationalisation qui avaient été exprimées", regrette le syndicat, qui cite notamment l’abandon d’un niveau minimum pour les aides directes aux agriculteurs parmi les "exemples emblématiques d’un affaiblissement du caractère commun de la PAC". Pour la FNSEA, la Commission "ne réalise pas que la pression environnementale devient insupportable pour les agriculteurs dans l’exercice de leur métier alors qu’ils ont déjà fait, continuent et continueront à faire beaucoup d’efforts en la matière". Le syndicat dénonce par ailleurs "des exclusions des indemnités compensatoires de handicap des fonds fléchés sur l’environnement", qui démontrent selon lui "l’incompréhension sur la nécessaire alliance entre économie et environnement". La Commission "ne réalise pas non plus l’incohérence totale d’une telle proposition avec la signature de plusieurs traités qui ouvre notre marché à des produits ne respectant pas les mêmes standards de production", tels que le Mercosur, ajoute le texte.

La Conf' regrette l’absence de « régulation et de maîtrise des marchés »

La Pac post-2020 telle qu’elle est proposée par la Commission européenne « continuera à éliminer les paysans, à dégrader l’environnement, le climat, la biodiversité et la qualité de notre alimentation », indique la Confédération paysanne dans un communiqué publié le 4 juin. « Aucune mesure de régulation et de maîtrise des marchés n’est proposée, le paysan doit se tourner vers les filières et les assurances pour se protéger », selon le syndicat. Cette Pac post-2020 devrait orienter une partie des aides vers les fermes aux surfaces moyennes avec un plafonnement obligatoire assez bas et un paiement redistributif conséquent. Or, le niveau de dégressivité annoncé par la Commission « serait insignifiant au niveau français ». Pourtant, « les petites fermes auraient besoin de reconnaissance et de mesures spécifiques », souligne la Confédération. Cette dernière appelle les députés européens et le gouvernement français « à revoir largement ce projet » pour garantir notamment des prix, l’emploi, la souveraineté alimentaire et la qualité de l’alimentation.

• La proposition européenne, un "désastre" pour l’environnement, selon les ONG

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La proposition de Bruxelles est "un désastre pour l’environnement et le climat", a estimé Greenpeace. Ce projet "est catastrophique en l’état", car il "laisse aux gouvernements la responsabilité de définir des plans nationaux pour l’agriculture sans aucune garantie que ces plans protégeront bien la santé publique, l’environnement et le climat", souligne l’ONG dans un communiqué. Pour le WWF, "ces mesures sont bien en deçà de l’ambition globale de l’UE de lutter contre la dégradation de la biodiversité et de l’environnement". "La proposition relative à la Pac est loin de l’ambition promise et ne tient pas compte de la nécessité de […] transférer les ressources au soutien des agriculteurs dans la transition vers un système plus durable", a dit Andrea Kohl, directeur intérimaire du WWF European Policy Office, dans un communiqué. Pour Suzanne Dalle, chargée de campagne agriculture chez Greenpeace France, le projet "place une fois encore les agriculteurs dans une position d’assistanat face aux subventions publiques, sans leur donner les moyens d’une réelle transition, pourtant cruciale et urgente".

• Les producteurs de grandes cultures opposés à « une renationalisation totale »

L’AGPB (producteurs de blé), l’AGPM (maïs), la CGB (betteraves) et la Fop (oléoprotéagineux) ont dit le 4 juin « non à une renationalisation totale » de la Pac. Les producteurs de grandes cultures regrettent que la Commission européenne « propose, sous prétexte d’un meilleur ciblage, que la définition des normes environnementales et l’attribution des soutiens soient entièrement décidées par chaque État membre », selon un communiqué commun. Ils estiment que « les aides directes seraient alors remplacées par un millefeuille encore plus complexe. » Et les quatre organisations de dénoncer une « divergence sans limite » des normes et des coûts de production agricoles : « Cette renationalisation totale de la Pac se traduirait par d’énormes distorsions de concurrence entre agriculteurs européens ». L’AGPB, l’AGPM la CGB et la Fop jugent le projet de réforme « d’autant plus inacceptable que les producteurs français de grandes cultures luttent depuis cinq ans pour dégager un revenu décent. Ils font déjà face à des contraintes de production plus fortes et des soutiens plus faibles que leurs principaux concurrents européens. »

La Commission "ne réalise pas non plus l’incohérence totale d’une telle proposition avec la signature de plusieurs traités