Le risque de bâcler la réflexion sur la prochaine Pac pour parvenir à un accord rapide sur le budget post-2020 de l’UE a été l’une des principales préoccupations exprimées lors du Global Food Forum 2018 du think tank Farm Europe qui s’est tenu en Italie, et dont les conclusions seront présentées plus tard dans l’année.
Les échanges entre les quelque 200 participants – eurodéputés, représentants de gouvernements, de la société civile… – au Global Food Forum organisé par le think tank Farm Europe les 17 et 18 septembre près de Pavie ont notamment mis en évidence la nécessité, dans les négociations sur le cadre financier 2021-2027 de l’Union et ses différentes politiques, de « donner la priorité à la qualité plus qu’au calendrier » (1). Ainsi la Pac ne devrait-elle pas être réformée à cause des contraintes budgétaires ou seulement en fonction d’un « juste retour » des fonds européens. Elle doit aussi rester commune, ne pas être re-nationalisée, et les pouvoirs des co-législateurs ne doivent pas être « supprimés par un coup de force de la Commission européenne » (2). Les élections européennes de mai 2019 étant « une étape importante pour un débat démocratique sur les politiques futures de l’UE, dont la Pac ».
« Le calendrier est contraignant, cependant, nous devons prendre le temps de réfléchir sur les besoins réels des agriculteurs de l’UE – et avoir dès maintenant des mesures transitoires afin de prolonger le cadre actuel après 2020 », a expliqué Brendan Gleeson, secrétaire général adjoint du ministère irlandais de l’agriculture.
Concertation franco-italienne
Les discours d’ouverture du Global Food Forum avaient été prononcés par les ministres italien et français de l’agriculture, Gian Marco Centinaio et Stéphane Travert, qui ont saisi l’occasion pour un tête-à-tête consacré notamment aux négociations sur la prochaine Pac. Il faut prendre le temps nécessaire et réfléchir à des mesures transitoires, a estimé le ministre italien devant les journalistes, se déclarant opposé aux coupes budgétaires prévues par la Commission de Bruxelles pour cette politique.
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Une politique qui doit avoir « les moyens financiers à la hauteur de ses ambitions », a de nouveau plaidé le ministre français, rappelant que la déclaration de vingt États membres en faveur du maintien des crédits de la Pac au niveau actuel pour les Vingt-sept.
Stéphane Travert a par ailleurs souligné que Paris et Rome avaient des positions proches sur beaucoup d’aspects de la réforme de la Pac, reconnaissant toutefois des divergences sur l’utilisation des aides couplées à la production.
(1) et (2) Voir même numéro