Le commissaire européen à l’agriculture a insisté sur la dimension environnementale de la Pac après 2020 devant le congrès des agriculteurs de l’UE qui, eux, mettent surtout en avant la nécessité de simplifier les règles actuelles.
Intervenant le 6 octobre à Athènes devant le congrès des organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), Phil Hogan a annoncé son intention de « faire plus sur la simplification dans le contexte de la réforme post-2020 » de la Pac. Mais il aussi rappelé que cette politique est à la fois « économique, environnementale et sociale », ajoutant : « Le pied environnemental du tabouret est crucial, et sans trois pieds pour un tabouret, vous savez tous ce qui se passe ! La dimension environnementale est là pour rester ».
Fin septembre, le commissaire européen à l’agriculture avait déclaré qu’il comptait « publier l’été prochain des options politiques » pour la prochaine Pac (1). Des propositions législatives pourraient suivre en 2008.
« Cela devra changer »
« L'agenda de simplification du commissaire Hogan est positif mais il ne va pas assez loin », a, selon un communiqué, commenté le président du Copa, Martin Merrild, à l’issue des deux jours de travaux du congrès d’Athènes. « Certains des changements proposés rendent en réalité la tâche encore plus difficile pour les agriculteurs et sont également contre-productifs en termes de durabilité environnementale. Cela devra changer l'année prochaine et même encore davantage dans le cadre de la Pac post-2020 », a-t-il même estimé.
À l’avenir, il faudra aussi, selon les organisations professionnelles de l’UE, aider les exploitants à mieux gérer les risques des marchés (assurances, marchés à terme, mesures renforcées de gestion du marché) et à développer l’agriculture intelligente et de précision.
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« Un budget approprié »
« Un meilleur accès aux marchés et une utilisation efficace des ressources naturelles nous aideront à contribuer à relever l'un des grands défis de la prochaine décennie : la nécessité d'une production alimentaire accrue destinée à une population mondiale croissante. Et surtout, cela nous aidera à lutter contre le changement climatique qui menace la production de denrées alimentaires », a assuré Martin Merrild. « Mais comment pouvons-nous modifier la Pac pour permettre aux agriculteurs de lutter plus efficacement contre le changement climatique tout en produisant davantage ? », a-t-il poursuivi. « Il est absurde de réduire la production en Europe uniquement pour la développer ailleurs. En collaboration avec les institutions européennes, nous devons faire en sorte que l'accord de Paris sur le climat soit positif pour nous. Je ne doute pas que nous soyons capables de répondre aux attentes, mais pour y parvenir, nous aurons besoin après 2020 d'une Pac forte dotée d'un budget approprié ».
De son côté, le président de la Cogeca, a notamment insisté sur l’importance du renforcement de la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire. « Nous aimerions que la Commission européenne avance réellement sur ce dossier dès l'année prochaine », a-t-il dit, saluant par ailleurs la déclaration de Cork sur le développement rural (2).
(1) Voir n° 3563 du 03/10/16
(2) Voir n° 3560 du 12/09/16