Qu’il s’agisse du secteur laitier, des grandes cultures, de la viande ou de bien d’autres produits, une évidence s’impose : les stratégies industrielles de court ou long terme pour les coopératives deviennent parfois difficiles à concilier avec l’intérêt des agriculteurs sociétaires. Ici, des coop doivent pouvoir s’approvisionner à des prix aussi compétitifs que leurs concurrents du secteur privé ; là, elles veulent pouvoir user d’une souplesse d’adaptation au marché peu compatible avec des contrats à long terme ; encore ailleurs, elles ont besoin d’investir dans des sociétés privées, utilisant des capitaux sans les contraintes coopératives. Ce sont, en sens inverse, certains agriculteurs qui veulent pouvoir tenter des opportunités de marché en direct pour une part de leur production. Tandis que d’autres grognent contre des structures qu’ils jugent pas assez orientées vers l’amélioration de leur revenu.
Si les divergences deviennent évidentes, c’est qu’on est dans un contexte de dérèglementation, de volatilité des prix totalement nouveau. Au point de se demander si l’essor des coop n’était pas historiquement lié à un système stable de politique agricole commune et de régulation des prix.
Ce contexte n’est plus là. Ce qui ne veut pas dire que le développement des coopératives sera remis en cause. Simplement, il ne se fera plus sur les mêmes règles.
N’est-il pas urgent de redéfinir un pacte coopératif, une nouvelle manière de gérer les relations avec les agriculteurs adhérents ? Par exemple au travers d’Etats Généraux de la coopération pour dialoguer avec les agriculteurs ? Des Etats Généraux afin d’éviter la révolution dans les campagnes.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.