François Ducellier, ancien cadre de l’agroalimentaire, s’est porté acquéreur d’une affaire familiale de boulangerie industrielle auprès de la quatrième génération de professionnels d’Orléans. Réalisant 6,6 millions d’euros de chiffre d’affaires, la société Paindor-Rousseau, malgré deux exercices en repli, occupe une position de vrai leader régional dans le frais comme dans le surgelé.
La société Paindor-Rousseau, leader régional de la boulangerie industrielle dans la Région Centre (6,6 millions d’euros de chiffre d’affaires), vient d’être reprise en MBO par François Ducellier, un ancien cadre du groupe Lesieur-Céréol. Cet ingénieur agronome, Insead, de 52 ans, a mené à bien ce parcours du combattant qu’est un rachat d’entreprises dans un contexte où les repreneurs pullulent, selon lui, en particulier pour acquérir des PME agroalimentaires. Un an après ses premiers contacts avec les vendeurs, il a créé une holding personnelle, Artocope, et obtenu deux prêts à moyen terme du Crédit mutuel et de la Caisse d’épargne pour les deux tiers de ses besoins afin de détenir 100% du capital de l’entreprise.
Faute de successeurs
Les propriétaires de la boulangerie Paindor-Rousseau (ex-Souchu) n’avaient pas de successeurs familiaux et ont préféré un repreneur indépendant plutôt que de revendre leur affaire à un grand concurrent qui n’aurait sans doute pas maintenu tous les emplois (90 salariés permanents).
Passée en 1963 de l’artisanat au stade industriel, la boulangerie Souchu du Faubourg Madeleine à Orléans a grossi au fil des années avec plusieurs boutiques – qui ont été cédées depuis – et s’est installée au sud de l’agglomération sous la houlette d’un gendre de la famille, Bertrand Rousseau. Paindor-Rousseau y déploie cinq lignes de production (dont trois pour la boulangerie fraîche), ce qui n’a pas empêché l’entreprise de prendre à temps le virage du surgelé. Elle a ainsi atteint, à ses meilleurs moments, jusqu’à 8 millions d’euros de chiffre d’affaires, devenant ainsi le véritable leader sur plusieurs départements de la région Centre.
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Son activité (panification pour les trois quarts, viennoiserie et un peu pâtisserie pour le reste) est maintenant dominée par la fabrication de surgelé à destination des terminaux de cuisson indépendants et de ceux des grandes surfaces de la région (un tiers de son chiffre est fait avec les GMS) ainsi que pour les établissements de restauration hors foyer.
L’entreprise réalise néanmoins encore 40 % de son chiffre d’affaires dans le frais, ce qui suppose une puissante logistique, des flux tendus et un travail sept jours sur sept. En particulier du fait de son importante clientèle de collectivités (hôpitaux, prisons, armée, écoles, restaurants d’entreprises indépendants ou de chaîne). Ce qui fait dire à François Ducellier que le cœur de métier de sa nouvelle entreprise est double : « Il s’agit de faire du pain et aussi de savoir le distribuer ». Cela se traduit par l’emploi de 55 personnes à la fabrication et de 25 autres à la livraison, avec un parc d’une vingtaine de camions et une partie d’affrètement.
Vive concurrence
La concurrence croissante d’entreprises multirégionales comme Panavi ou Neuhauser a affecté le développement de Paindor-Rousseau ces dernières années et le chiffre d’affaires global a diminué, en grande partie à cause de l’activité surgelé. D’où l’embauche immédiate d’un directeur commercial et l’ambition du nouveau p.-d.g. de regonfler dès que possible ses effectifs. Ensuite, François Ducellier entend effectuer d’ici deux ou trois ans des investissements ciblés pour améliorer la productivité et pousser en avant de nouveaux produits et services. Il lui faut d’ici là éponger trois exercices en léger déficit (de l’ordre de 200 000 euros cumulés) et ce, à un moment où toute la profession est en butte à la hausse des prix des farines et autres matières premières. Il table pour relever ce défi sur la bonne santé financière de l’entreprise qui, au moment de sa reprise, affichait 1,7 million d’euros de fonds propres.