En provoquant un conseil informel sur les grandes lignes d’une politique agricole commune du futur, Michel Barnier voulait, dans le cadre merveilleux de la région d’Annecy, susciter un consensus apaisé. Le sujet choisi était important, contrairement à la tradition de ces rencontres informelles. L’opération a raté. Les clivages classiques entre pro et anti Pac sont restés vifs. Pire, les Britanniques, Danois et Néerlandais ont attaqué en force, sortant des rapports entiers pour contrer celui de la France. Mariann Fischer Boel, commissaire à l’agriculture, ne s’est pas beaucoup retenu non plus.
Le ministre français doit être déçu, lui qui arpenta sans relâche les capitales européennes pour trouver un terrain d’entente. À Annecy, il a ouvert une boîte qui ressemble fort à celle de Pandore. Les clivages sont plus vifs que jamais.
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On a même un peu l’impression qu’au-delà de divergences classiques, l’occasion a été saisie de la part de plusieurs pays importants de l’Europe, d’exprimer un ras-le-bol à l’égard de ce qu’ils estiment être des leçons de Pac françaises (l’expression est d’ailleurs de Michel Barnier lui-même mais à des fins pédagogiques et orientée vers les Français). Voire, à l’égard des leçons de morale que Paris sait si bien adresser concernant les questions économiques plus générales. « Légitimité », « récompenser », « justice »… les termes souvent employés à Annecy ont bien montré que la discussion tournait souvent autour de la moralité des aides Pac. Or, ce n’est pas de cela qu’il s’agit mais de pragmatisme. La régulation de l’agriculture sera-t-elle ou non bonne et efficace pour l’économie au-delà de 2013 ? On ne le sait pas encore très bien.