C’est un peu l’histoire de la boîte de Pandore. A force d’avoir voulu simplifier et surtout de ne pas avoir voulu tenir compte des prix, éléments fédérateurs de la diversité des marchés, les réformateurs de la Pac (Politique agricole commune) ont déclenché un mouvement qu’ils n’avaient certainement pas prévu : les mille et une agricultures d’un pays comme la France se sont révélées, soudain, dans leur diversité et leur fragilité face à une future politique agricole qui visait la simplicité, l’uniformité des paiements découplés mais va se révéler en fait d’une complexité rare.
Ce qui semble simple et adapté à quelques grandes cultures l’est beaucoup moins pour des producteurs d’échalote ou multiplicateurs de semences de betteraves par exemple. Et surtout, ces petites productions risquent de connaître des jours difficiles si elles se voient concurrencées par quelques heureux dépositaires de droits à paiement, capables d’aller investir sur ces spéculations.
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La gestion même de ces droits en cas de cession d’exploitation est d’une grande complexité. Derrière une apparente simplicité, les réformateurs de Bruxelles sont obligés d’autoriser des mécanismes incroyablement élaborés pour que les structures agricoles ne soient pas artificiellement bouleversées par des comportements anticipateurs.
Ce ne sera pas la première fois que la Pac aura risqué de perturber les structures traditionnelles de production. Son histoire est parsemée de mutations plus ou moins artificielles, de productions qui ont explosé grâce à la mise en place de telle ou telle prime ou encore de spéculations qui ont, pour des raisons inverses, quasiment disparu. Mais avec cette nouvelle Pac, les mutations de l’agriculture risquent d’être d’une ampleur inconnue jusqu’à présent.