Les entreprises agroalimentaires ont sensiblement moins augmenté leurs investissements en 2013 qu'elles ne l'avaient fait en 2012. C'est ce que constate le Crédit agricole dans l'analyse sectorielle 2013 des entreprises du secteur réalisée par le pôle agroalimentaire de la banque, présentée le 20 novembre à Orléans lors de l'OpenAgriFood.
La structure financière des IAA est plutôt bonne, mais cela est plus préoccupant que rassurant. Tel est le constat du pôle agroalimentaire du Crédit agricole, dans sa nouvelle livraison actualisée de ses études sectorielles des industries agroalimentaires. En effet, si l'endettement bancaire est raisonnable (30% du total de bilan) et la part des fonds propres dans le bilan de bon niveau, c'est aussi que ces entreprises ne s'endettent pas pour investir. De fait, en 2013, les entreprises agroalimentaires ont sensiblement moins augmenté leurs investissements (+2,5%) qu'elles ne l'avaient fait en 2012 (+6%). Selon le patron du pôle agroalimentaire, François Moury, un certain nombre d'entreprises risquent « de ne pas être en situation de profiter de la reprise économique quand elle se produira ». Dans le secteur viandes en particulier, « des dégâts assez forts pourraient être constatés dans les années à venir ».
Taux de valeur ajoutée en baisse
Selon l'analyse, le ralentissement des investissements est principalement dû à l'absence de visibilité sur les marchés. On met à niveau, en général, les outils de production, mais le risque du marché est tel qu'on n'investit pas beaucoup plus. Les résultats des entreprises, du coup, sont mitigés : si le chiffre d'affaires augmente (5%), c'est en grande partie en raison de la fermeté des prix agricoles. De fait, les marges n'ont pas suivi cette progression de chiffre d'affaires. En trois ans, le taux de valeur ajoutée a baissé d'un point. Après plusieurs années de progression, la part de l'activité à l'international est en baisse. L'application du CICE (Crédit d'impôt compétitivité emploi) n'a pas permis de relancer les investissements. La situation des IAA françaises est donc préoccupante. Pas parce qu'elles font face à un péril financier, mais parce qu'elle ne préparent que modestement les grandes adaptations des années à venir (élargissement de la concurrence, technologies nouvelles, pression des distributeurs, etc.).
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Les poids lourds fragiles
L'étude du Crédit agricole fait aussi prendre conscience d'un phénomène récent. Dans l'ensemble du secteur, les entreprises les plus fragiles ne sont pas forcément les plus petites. Il s'agit plutôt des entreprises dites « grandes » c'est-à-dire dont le chiffre d'affaires va de 50 à 500 millions d'euros. La raison : ces entreprise subissent la pression des grandes surfaces, exportent moins que les leaders de taille plus élevée et peuvent moins que ceux-ci faire pression sur les fournisseurs. Alors que de leur côté, les plus petites entreprises sont davantage sur des niches et/ou des marchés protégés par une AOC ou une IGP.
Lire un dossier complet dans Agra Alimentation n° 2310-2311 du 20 novembre.