Jean- Marc Ayrault a quelque peu surpris en présentant son programme de relance de l’industrie française qu’il a qualifié solennellement de « pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi ». Alors que bon nombre d’esprits chagrins tablaient sur un enterrement discret du rapport Gallois qui dressait un tableau sans complaisance des revers subis par nos industries face à la concurrence mondiale, le premier ministre en appelle « à des décisions ambitieuses et courageuses ». Il n’hésite pas à renier certains des credo du candidat Hollande, notamment en matière de TVA. Face au déclin qui est clairement montré du doigt, le premier ministre ne va pas jusqu’à demander du sang et des larmes, mais il ne cache pas que l’effort devra être soutenu et supporté par tous. Par delà les inévitables prises de position critiques des leaders de l’opposition, les principaux acteurs économiques ont plutôt réservé un accueil favorable au projet. Ils se félicitent pour la plupart que la dure réalité du déclin de la France ne soit pas occultée et que le gouvernement s’oriente vers des mesures plus structurelles que des placebos conjoncturels. La volonté de structurer et fédérer les filières industrielles pour donner corps à une conférence nationale de l’industrie est largement saluée. Les moyens financiers qui seront dégagés sont également bienvenus. Seul le calendrier semble inapproprié, les industriels estimant les échéances trop éloignées et demandant des anticipations sur les mesures préconisées. Le mal est bien identifié, mais les remèdes demandent plus d’audace pour réussir.
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