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Vin/Résultats « Pari gagné ! » pour AdVini

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« La fusion, c’est déjà du passé ! », nous a déclaré Antoine Leccia, président du directoire d’AdVini avant de présenter les résultats semestriels du groupe devant les analystes financiers. La fusion du groupe Jeanjean avec la maison Laroche ne date pourtant que de janvier 2010 (1) et déjà les bons résultats du nouveau leader français des vins de qualité sont aux rendez-vous, et ses perspectives prometteuses.

Le groupe AdVini qui, avec 1 500 hectares de vignobles, représente 80% du marché des vins français dans les régions où il est présent, affiche un chiffre d’affaires au 30 juin 2010 de 90,4 M EUR, en croissance de 13,1 % sur la même période 2009. Les sept maisons de vins (JeanJean, Cazes, Ogier, Gassier, Riga, Antoine Moueix, Laroche) ont enregistré une progression de leur activité. Même Bordeaux, qui était en forte difficulté, affiche une progression.
Idem pour la marge brute qui passe de 32,2 % à 37,2 % du chiffre d’affaires, et gagne 5 points. Antoine Leccia a souligné que ces chiffres « reflétaient la montée en gamme du groupe », un des axes stratégiques majeurs de développement (2).
En France, marché marqué par un recul de la consommation, où le groupe réalise 58% de son activité, les ventes ont progressé de 2 %. L’export n’est pas en reste puisque les facturations se sont améliorées de 7 % à périmètre constant, et ont fait un bond de 34 % en intégrant Laroche.

Hausse de plus de 50 % du résultat opérationnel semestriel
Grâce aux synergies et à une bonne maîtrise des charges, le résultat opérationnel, hors opérations non courantes, progresse lui de 52,7 % à 3 M EUR. Si on exclut les éléments non récurrents, dont un badwill de 9 millions (enregistrés en produits nets courants) issu de la fusion, le résultat net part du groupe semestriel ressort à 1,4 M EUR, contre 0,5 M au 30 juin 2009 et près de 1,3 M EUR pour la totalité de l’exercice 2009.

Redressement de Laroche
Un des faits marquants du semestre est le redressement de Laroche, dont le chiffre d’affaires (hors cessions vrac) a progressé de 8,5 % à 11,5 ME. Les synergies de coûts issues du rapprochement se sont élevées à 2,4 M EUR, un montant supérieur aux 2 millions d’économies initialement prévues. Ajoutons que la maison de Chablis, propriétaire de 100 hectares, dont 7 en grands crus, a un accord de partenariat en cours avec un importateur majeur aux Etats-Unis. Laroche est aussi présent en Languedoc avec le Mas Chevalière, au Chili avec Vino Punto et en Afrique du Sud avec l’Avenir.
Pour Antoine Leccia, « AdVini est un véhicule qui peut consolider l’activité du vin en France ». De nouvelles acquisitions sont donc à prévoir, « sur les régions actuelles ». Le groupe en a les moyens puisque le gearing s’est amélioré revenant de 209 % à 154 % sur le semestre. Avec l’augmentation de capital et l’intégration de Laroche, les capitaux propres du groupe ont été portés à 54,6 M EUR. Sur la carte des vins français, aujourd’hui AdVini n’est pas présent en Bourgogne, Val de Loire et en Champagne…

Un plan de cessions de 5 M EUR à l’étranger
En attendant, le groupe veut réaliser pour environ 5 M EUR de cessions sur des vignobles étrangers. AdVini possède une propriété de 76 hectares au Chili et 120 hectares en Afrique du Sud. Concernant la cession de Laroche Afrique du Sud, AdVini est en cours de « due diligence » avec un groupe d’Afrique du Sud. Les discussions sont donc bien avancées, même si d’autres contacts sont également engagés.
Coté perspectives, le second semestre 2010 devrait suivre la tendance de la première partie de l’exercice, hors éléments courants. Pour le plus long terme, AdVini vise à l’horizon 2015 un chiffre d’affaires de 300 M EUR et un EBITDA (marge brute d’autofinancement) de 30 M EUR. Ces ambitions seront portées par le plan « OPUS Vini 2015 » qui mise sur la croissance des ventes et de la notoriété de toutes les marques maisons et des vignobles, mais également la consolidation du réseau de distribution. Ce dernier compte aujourd’hui 80 personnes et la présence commerciale sur le terrain sera renforcée avec un objectif de développement tous réseaux.
A contre-pied de groupes qui ont fait le choix d’une stratégie de marque unique, notamment Castel en Chine, AdVini mise sur la notion de terroir qui, pour Antoine Leccia « est la vraie solution pour développer les vins français dans les décennies à venir ». En outre, l’ensemble du vignoble est en « bio » ou en cours de conversion. Gageons que cette stratégie, qui travaille sur le prestige, la notoriété et la qualité des maisons de vin rencontrera un écho favorable, notamment à l’étranger. En Chine, le chiffre d’affaires est aujourd’hui de 4 M EUR.
En Bourse après l’annonce des résultats le titre a clôturé sur un repli de 2,6 %, à 18,50 euros. Depuis janvier, il affiche une progression de plus de 22 %.

(1) Cf Agra Alimentation n°2097 du 11.02.2010, page 16
(2) Cf Agra Alimentation n°2106 du 15.04.2010, page 13

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