Ce sont les hasards du calendrier : alors que Michel Barnier, le ministre de l’Agriculture, se démène pour donner un peu d’allure à un budget agricole français plutôt malingre, la Commission européenne envoie ses premiers ballons d’essais pour la définition de la future politique agricole commune. Les deux phénomènes sont liés. Par exemple, si demain l’Europe est défaillante pour régler les crises agricoles, la France devra, peu ou prou, soutenir elle-même ses agriculteurs. Inversement, si la future Pac intègre de vrais instruments anti-crise, alors, la France pourra faire des économies. C’est pour cela que la solution aux misères budgétaires de Michel Barnier se trouve en grande partie à Bruxelles. À considérer le passé récent, on a d’ailleurs l’impression que l’ex-commissaire européen aux régions est plus fort pour obtenir quelque chose de Bruxelles que pour arracher un bon budget de Bercy. Mais il est vrai que tous les ministères ou presque semblent logés à la même enseigne. On n’a d’ailleurs rien vu : la « révision générale des politiques publiques » qui sera annoncée bientôt va conduire à des rationalisations dont les conséquences rejailliront directement sur les agriculteurs. Ce sera notamment le cas pour les offices qui seront regroupés en une seule entité. Sauvés in extremis sur 2008 par la vente d’un immeuble prestigieux, celui de l’ex-Onic, les crédits d’orientation des offices pourraient être durablement réduits. On aura plus que jamais besoin d’une Pac efficace. C’est pourquoi le monde agricole a tout intérêt à suivre et influer sur le sort du futur bilan de santé de la Pac.
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