La recherche de la parité des conditions de vie et de revenu avec les citadins a longtemps été l’objectif majeur des agriculteurs. La situation a progressé mais ils sont loin de bénéficier d’un régime, social notamment, équivalent. Le cas des retraites est exemplaire. À la rigueur, bénéficiant d’une politique agricole commune protectrice, les citadins pouvaient leur dire: « Vous ne pouvez gagner sur tous les tableaux, économique et social ; vous êtes protégés par des quotas, soutenus par 10 milliards d’euros de fonds européens, à vous de vous organiser pour aller vers la parité ».
Aujourd’hui, cette politique agricole s’estompe, devient motivée par des considérations écologiques (verdissement) ou sociales (redistribution), les quotas (lait, sucre) ou les subventions (exportations de volailles) disparaissent… les agriculteurs voient en quelque sorte, année après année, leur régime privatisé, pour reprendre une expression qui s’est appliquée aux agents de quelques grands services publics.
Une évolution qui repose la question de la parité. L’écart entre les retraites agricoles et celles du régime général devient moins acceptable dès lors que les agriculteurs voient leur situation économique se banaliser. Demander aux agriculteurs eux-mêmes de financer les conséquences de leur déséquilibre démographique devient choquant. De deux choses l’une : soit leur régime social devient complètement intégré au régime général avec exactement les mêmes régimes que les salariés ; soit on maintient un régime spécifique mais en lui donnant les moyens d’apporter la parité à ses ressortissants.
Pour l’instant, on a un peu l’impression, qu’en cette période d’économies, on ne compte sur le régime social des agriculteurs que pour participer aux économies sans penser à la parité.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.