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Lutte contre l’alcoolisme Parution du décret créant le Conseil de modération et de prévention

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A Paris, le Conseil de modération et de prévention est porté sur les fonts baptismaux et la filière viti-vinicole française, en attend une meilleure concertation sur toutes les initiatives des autorités de santé publique en matière de lutte contre l’abus d’alcool.

Le Premier ministre et les ministres de l’Agriculture et de la Santé ont publié le 4 octobre un décret portant création du « Conseil de modération et de prévention » tandis qu’un amendement sera prochainement discuté sur ce même sujet à l’Assemblée Nationale. La filière viti-vinicole se réjouit de cette création qui permettra davantage de concertation sur le sujet sensible de la politique de santé publique et de lutte contre l’alcoolisme.

Le Conseil de modération et de prévention, instance de dialogue permanent entre professionnels de santé publique et filière viti-vinicole, vient d’être créé par les pouvoirs publics. Il jouera un rôle consultatif auprès du gouvernement sur les questions de prévention et de consommation, selon son décret constitutif. La filière viti-vinicole a aussitôt salué ce démarrage qui s’inscrit dans la lignée du Livre blanc sur «la place du vin dans la société» dont elle a été l’instigatrice et qui permettra de poursuivre la concertation et l’échange avec les acteurs de la Santé Publique.

Dialogue et concertation pour une consommation responsable

La création du Conseil de modération s’inscrit dans la démarche de réflexion qui s’est déroulée au premier semestre 2004 entre acteurs de santé publique, professionnels de la filière viti-vinicole, parlementaires et représentants du gouvernement. Parmi les principales conclusions de cette approche : la protection de la viticulture et la mise en œuvre d’une politique de santé publique efficace sont compatibles, à travers la valorisation d’une consommation modérée et de qualité.

Pour la filière viti-vinicole, la première mission de ce Conseil doit consister à poursuivre cette démarche de concertation, à la fois garante des objectifs de santé publique et permettant la valorisation du vin. Ainsi, le Conseil de modération doit jouer un rôle consultatif auprès du gouvernement sur les questions de prévention et de consommation :

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En matière de consommation : l’association Vin & Société souhaite que les travaux du Conseil permettent d’aboutir à une définition partagée par tous les acteurs français quant aux « niveaux » d’une consommation modérée ; qu’il participe à améliorer la connaissance sur les produits viti-vinicoles ; et qu’il permette à la profession de valoriser un produit de qualité à travers une consommation socialement responsable.

En matière de prévention : la santé publique représente une priorité indiscutable pour tous les professionnels viti-vinicoles français. Pour Vin & Société, le Conseil doit permettre d’associer la filière aux actions de prévention en matière de santé publique et de sécurité routière et de fédérer les actions de prévention des conduites à risque.

Pour un Conseil actif et efficace

La filière viti-vinicole « soutiendra la mise en place d’un Conseil de la modération efficace, actif et véritablement force de proposition auprès du gouvernement et des pouvoirs publics », indique Vin & Société, qui attend du gouvernement qu’il dote le Conseil de la modération de tous les moyens nécessaires pour mener à bien ses missions et concrétiser son ambition : « Etre un organe consultatif de référence pour toutes les décisions publiques impactant directement ou indirectement la place du vin dans la société ».

Xavier Carreau, le président de Vin & Société, a salué dans ce Conseil de modération un signe « encourageant pour la filière viti-vinicole française, signe que les pouvoirs publics reconnaissent dorénavant que la viticulture et la santé publique ne sont pas incompatibles, mais qu’elles peuvent au contraire associer leurs forces à travers le dialogue et la concertation». Pour Marie-Christine Tarby, vice-présidente de Vin & Société, la création de ce Conseil rejoint « la volonté de la filière de jouer un rôle actif en matière de prévention et doit être la garantie pour les professionnels de la filière que les futures campagnes de lutte contre l’alcoolisme respecteront la consommation responsable et modérée, ce qui malheureusement n’a pas toujours été le cas dans le passé ».