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Quotas laitiers Pas de remise en cause de la politique européenne

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C’est avec fermeté que Mariann Fischer Boel a prévenu les ministres de l’agriculture de l’UE, réunis le 23 mars à Bruxelles, qu’il était hors de question de revenir sur les hausses de quotas décidées dans le cadre du bilan de santé de la Pac. L’important est d’apporter un soutien au marché comme, la Commission européenne le fait « avec efficacité » depuis janvier dernier, a expliqué la commissaire à l’agriculture,

«Non ,non et non » il n’est pas question de revenir sur les augmentations de quotas laitiers décidées lors du bilan de santé de la Pac, a martelé Marian Fischer Boel le 23 mars à Bruxelles à l’occasion du Conseil agricole de l’UE. « J’espère que les ministres auront le courage d’être aussi clairs quand ils s’adresseront chez eux aux organisations d’agriculteurs », a-t-elle indiqué à la presse. En dépit de l’augmentation des quotas, on assiste à une légère réduction de la production, cela montre clairement que ce sont les prix de marché et les coûts de production plutôt que le niveau des quotas qui déterminent le niveau des livraisons des producteurs, a indiqué en substance la commissaire. « Les augmentations de quotas ne sont pas une obligation pour les producteurs mais une possibilité », a-t-elle ajouté. Autrement dit, selon elle, l’idée de suspendre les augmentations de quotas (1 % par campagne de 2009/10 jusqu’en 2013/14 avant leur disparition au 1 er avril 2015) ne résoudrait rien. La commissaire a souligné que la production devrait être inférieure de 4 à 5 % aux quotas au cours de la campagne actuelle et on s’attend à une sous-utilisation d’une ampleur équivalente en 2009/10. La commissaire à l’agriculture ne laisse donc aucun espoir aux Etats membres qui comme l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, la Slovaquie et la Slovénie estiment la situation suffisamment dégradée pour envisager, dès à présent, une révision de la politique laitière. « Il faut vérifier que l’augmentation graduelle convenue des quotas soit compatible avec les réalités du marché et, si nécessaire, il convient de la rapporter », ont indiqué ces cinq pays dans un mémorandum examiné par les Vingt-sept. Actuellement, a dit la ministre allemande, Ilse Aigner, même les grandes exploitations laitières en Allemagne « ne peuvent plus vivre » avec un prix qui descend jusqu’à 20 centimes le litre, alors que les professionnels affirment perdre de l’argent au-dessous de 40 centimes.

Un potentiel élevé

Dans une note remise aux ministres de l’Agriculture de l’UE, la présidence tchèque, très proche de la position défendue par Mme Fischer Boel, souligne que « malgré les fluctuations actuelles, le marché du lait continuera à offrir un potentiel élevé ». Un discours salué avec satisfaction par le Danemark, l’Espagne, la Suède et le Royaume-Uni, pour qui toute remise en cause de la politique laitière actuelle reviendrait à mettre hors jeu l’UE face à ses concurrents. Les Néerlandais ont souligné l’importance pour eux d’avoir accès à un quota plus important afin de pouvoir profiter des nouvelles opportunités se présentant sur le marché mondial, soulignant que d’autres pays, par exemple l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, ne manqueront pas d’occuper le terrain si l’UE devait s’effacer.

Michel Barnier, pour sa part, a demandé que la clause de rendez-vous prévue au plus tard le 31 décembre 2010 puisse avoir lieu dès le début de l’année. Mais la Commission européenne s’est contentée de préciser que des rapports de suivi des marchés seraient effectués cet été et à l’automne. La Belgique, de son côté, qui a mis en avant les difficultés de trésorerie auxquelles font face les producteurs, a réclamé un assouplissement des procédures concernant les aides nationales. Cet Etat membre demande que le plafond des aides ne devant pas être notifiées à Bruxelles (7 500 euros par exploitation sur trois ans) puisse être relevé

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Un soutien efficace du marché depuis janvier

Depuis janvier, a expliqué Mme Fischer Boel, la Commission soutient efficacement le marché laitier. « J’ai envoyé un signal clair montrant que les achats publics de beurre se poursuivront via un système d’adjudication proche du prix d’intervention », a-t-elle dit, précisant que 6 700 tonnes ont été acceptées le 17 mars à un prix maximum de 99,2 % du prix d’intervention (220 euros/100 kg) et que les achats publics se poursuivront jusqu’à fin août. La commissaire a par ailleurs indiqué que, à la demande du Luxembourg, la Commission allait étendre la liste des produits laitiers, éligibles, notamment au yoghourt, au programme de distribution dans les écoles. En revanche, la commissaire a estimé que la réactivation des programmes d’aide à l’incorporation de poudre de lait dans l’alimentation ou à la fabrication de caséine n’était pas envisagée pour le moment.

La commissaire a souligné, enfin, que le secteur laitier pourra bénéficier en partie du financement supplémentaire d’un milliard d’euros débloqué par les Vingt-sept dans le cadre du plan de relance communautaire Voir même numéro.