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Fraude Pas de répit pour le groupe Doux soupçonné de fraude à l’export

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Après Spanghero et ses étiquettes frauduleuses, après l’affaire de Concarneau et de la falsification d’analyse, c’est au tour du groupe Doux d’être sur le banc des accusés. Motif de la suspicion : une injection hors normes d’eau pour rendre les poulets exports plus lourds.

Le groupe Doux est sur le banc des accusés pour fraude à l’export : les agents de la douane de Bretagne et de Paris ont mené une perquisition du siège de Doux à Châteaulin le 22 mai dernier, a révélé Ouest-France le 4 juin. Il s’agit d’une perquisition « hors flagrance » autorisée par le tribunal de grande instance de Rennes et concernant une suspicion de fraude sur l’injection d’eau dans des poulets pour augmenter le poids à l’export et donc son prix. Des copies de disques durs, des documents administratifs et des analyses de laboratoires ont été mis sous scellés le jour de la perquisition. Nadine Hourmant, délégué CGT à Châteaulin, se dit « très surprise» de cette perquisition. La direction du groupe n’avait pas mis au courant les salariés du groupe. Les résultats de l’enquête ne sont, à ce jour, pas connus.
Le 20 mai, deux jours avant la perquisition du siège de Doux, l’Ania (Association nationale des industries alimentaires) proposait une Charte validée par les pouvoirs publics le 21 mai pour lutter contre les fraudes dans les entreprises agroalimentaires. Depuis la crise de la viande de cheval, la révélation de fraudes dans l’agroalimentaire se suivent, même si elles ne se ressemblent pas. L’affaire Spanghero constituait une fraude à l’étiquetage, l’affaire de Concarneau révélé par Ouest France le 30 mai constitue une fraude à 3 millions d’euros sur la falsification de rapports microbiologiques pour faciliter les exportations, l’affaire Doux est une fraude à l’export pour augmenter le prix des marchandises.

Donner de la valeur à l’alimentation

Alain Berger, délégué interministériel aux industries agroalimentaires et à l’agro-industrie, auditionné le 5 juin au Sénat pour la mission viande, livrait cette analyse : la guerre des prix qui anime les distributeurs détruit la valeur de l’alimentation. « Un consommateur peut trouver une côte de porc en promotion à 1,5 euro le kilo et le lendemain à 4 euros le kilo. Il ne comprend plus rien. Il s’agit d’une destruction de valeur ». D’autant que le consommateur ne raisonne pas le rapport qualité/prix de la même manière pour un écran plat ou pour un morceau de viande. « L’alimentaire est devenu la variable d’ajustement chez les ménages », affirme Alain Berger. Le manque de repères sur la valeur de son alimentation fait du consommateur une cible idéale pour entretenir la guerre des bas prix. Dans un contexte aussi contraignant, les opérateurs développent des « stratégies de survie ». Et les fraudes en font malheureusement partie. Face à la situation, les filières d’élevage et les pouvoirs publics ont mis en place au premier trimestre 2013 deux plans : un pour la filière avicole et un pour la filière porcine. « Ces plans sont le fruit du travail concerté de l’ensemble de la filière », assure Alain Berger. Mais l’effort ne viendra pas seulement des filières. Il précise aussi que « le consommateur devra remettre de la valeur dans son alimentation ».

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