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Ressource en eau Pas de risque majeur d’ici à 2030, sur l’eau en France, selon le CAS

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Il n’y a pas de risque majeur sur la ressource en eau en France à l’horizon 2030. Mais l’impact des changements climatiques sur la demande en eau s’annonce important d’ici à la fin du siècle. C’est donc dès aujourd’hui que la France doit amorcer certains virages structurels, préconise le Centre d’analyse stratégique dans un rapport sur la ressource en eau en France, présenté le 3 avril.

Il n’y a pas d’inquiétude majeure à avoir d’ici à 2030 sur la ressource en eau, selon le Conseil d’analyse stratégique, qui publiait, le 3 avril, plusieurs notes d’analyse sur le sujet de l’eau, vu à horizon 2030. Mais le réchauffement climatique et la hausse des consommations domestique, industrielle et agricole qui s’annoncent pour la fin du siècle doivent pousser la France à adopter dès maintenant des mesures structurelles importantes. Le CAS préconise ainsi d’améliorer le conseil et l’accompagnement des agriculteurs pour développer des systèmes de culture plus résistants à la sécheresse et qui s’appuient sur des techniques agricoles plus économes en eau.

Trois zones risque

Le CAS identifie notamment le Sud-Ouest, le Sud-Est et le bassin Seine-Normandie comme des zones à risque, présentant des dynamiques différentes. Toutes trois sont d’ores et déjà des zones où un déficit est observé et se fait sentir essentiellement en été et en automne, lorsque la demande est la plus importante pour l’ensemble des usages. Or, « la quasi-totalité des projections disponibles (sur le réchauffement climatique) indiquent sous la latitude métropolitaine une tendance à la baisse des précipitations moyennes, surtout l’été et l’automne », rappelle le rapport du CAS, tout en soulignant « les fortes incertitudes sur les baisses effectives à attendre ».
Ainsi, dans le bassin Seine-Normandie, c’est l’alimentation en eau potable de la région francilienne qui « pourrait ainsi devenir préoccupante d’ici 2030 ».
Au Sud-Ouest, dans le bassin Adour-Garonne, les problèmes sont concentrés dans les plaines, densément peuplées et lieux de cultures gourmandes en eau, dont le maïs fait partie. Or, une forte croissance démographique y est prévue (+ 1 million en 2050), tandis que la Garonne devrait voir son débit diminuer de 20 à 40% d’ici là. Quant au Rhône, le fleuve français le plus puissant mais aussi un axe fortement sollicité (production énergétique et refroidissement des centrales, irrigation, industrie, eau potable, navigation) ; sa « capacité future à satisfaire tous les usages » est en question ; son débit moyen annuel pourrait baisser de 14 à 36% d’ici à 2050. Dans ces trois régions, la population est attendue en hausse.

Incertitude sur la demande agricole

Globalement, le changement climatique pourrait entraîner des réductions de débits des cours d’eau de 10 à 40% en moyenne d’ici à 2050, selon une étude du ministère de l’Ecologie. Mais le volet « demande agricole » est particulièrement incertain, insiste le CAS. Aujourd’hui, l’agriculture pèse pour 48% de l’eau consommée en France. Une demande que les changements climatiques risquent d’amplifier. D’une part, les cultures déjà irriguées demanderont davantage d’eau. Ainsi, on estime qu’il faudra entre 10 à 20% d’eau supplémentaire pour des arbres fruitiers d’ici à 2050. D’autre part, des cultures qui aujourd’hui ne sont pas encore, ou rarement irriguées pourraient s’engager dans ces techniques. Ainsi, l’irrigation de la vigne, pour l’instant cantonnée au Languedoc-Roussillon, pourrait se généraliser.

Préconisations

Devant cette situation, le CAS préconise donc de réfléchir aux solutions d’approvisionnement en eau de ces zones, en premier lieu du Sud-Ouest, a insisté Sébastien Chazot du cabinet BRL Ingéniérie, qui a réalisé l’étude pour le CAS. Le CAS préconise donc de développer des techniques agricoles plus économes en eau ainsi que le conseil et l’accompagnement des agriculteurs vers des systèmes plus résistants à la sécheresse. Mais aussi de réfléchir aux solutions d’approvisionnement en eau de ces zones. Et de rouvrir les réflexions sur l’intérêt, selon les cas, de grandes infrastructures tels que de grands barrages (une « porte à ne pas fermer »), ou par des retenues collinaires, ou de favoriser la réutilisation de l’eau usée, notamment en zone littorale.

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