Le gisement laitier ne recèle peut-être pas toutes les vertus du pétrole vert. Cela impose encore plus d’avoir des idées. Avec sa double casquette de président de la Coopération laitière et du groupe Sodiaal, Gérard Budin en a, on l’espère, à revendre s’il veut continuer à militer pour des regroupements salutaires et pas seulement dans la sphère coopérative. Sans crainte d’appuyer là où ça fait mal, il a déjà amené le groupe, pourtant à l’origine de l’épopée mondiale de Yoplait, à savoir lâcher du lest – mais pour combien de temps ? – au profit de financiers afin que la marque « à la petite fleur » reprenne des couleurs. Il a ensuite trouvé des alliés, coopératifs et privés, pour travailler le beurre avec une taille critique qui lui faisait défaut. Mais maintenant l’heure a sonné de résoudre enfin le problème du lait de consommation : car d’avoir eu le génie de créer Candia (en des temps meilleurs) ne préserve pas Sodiaal aujourd’hui du processus mortel de la banalisation extrême qui affecte la brique de lait. Tant qu’à devoir se battre en MDD et en premiers prix, autant donc que ce soit en ayant le maximum de poids, comme le permettra le deal engagé avec Orlait et avec ses alliés coopératifs et privés. Même si la lutte sera encore plus frontale avec Lactalis, Sodiaal y retrouvera de l’assurance face à la grande distribution. Et une influence accrue à l’intérieur de la filière pour mieux faire la chasse aux « laits flottants ». Mais comme toute restructuration a un coût, les producteurs se demanderont sans doute qui, d’eux-mêmes ou du contribuable, va devoir le payer.
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