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UE/Lait Pas d’unanimité des 27 sur les recommandations du groupe de haut niveau

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Seuls 22 Etats membres sur 27 ont appuyé largement les recommandations du groupe de haut niveau sur le lait (GHN) pour une meilleure stabilité du marché laitier, au grand regret et de la présidence belge de l’UE et de la Commission européenne. Réunis le 27 septembre à Bruxelles, les ministres de l’agriculture de l’UE n’ont pas été en mesure d’adopter à l’unanimité les conclusions du Conseil sur les recommandations du GHN en raison de l’opposition d’une poignée d’Etats membres réputés favorables à une dérégulation du marché laitier plutôt qu’à un encadrement plus strict des relations entre producteurs et transformateurs.

« 22 délégations pour, 4 contre et 1 abstention: malheureusement nous n’avons pas pu aboutir à un accord à l’unanimité sur les conclusions relatives aux recommandations du groupe de haut niveau sur le lait ». Visiblement déçue « en dépit des efforts et discussions intenses » sur ce sujet au niveau du comité spécial agriculture du Conseil, Sabine Laruelle, ministre fédérale belge de l’agriculture, a regretté que les Pays-Bas, la Suède, le Danemark et le Royaume-Uni (avec l’abstention de la Tchéquie) n’aient pas appuyé les recommandations du GHN sur le lait que les ministres de l’Agriculture de l’UE devaient adopter lors de leur réunion du 27 septembre à Bruxelles. Aux yeux de ce quarteron de pays libéraux, les recommandations du GHN n’accordent pas assez de place à la libre concurrence sur le marché et préconisent au contraire un « interventionnisme plus important » des pouvoirs publics dans le secteur laitier. Ces pays estiment que les règles actuelles qui régissent le secteur laitier sont largement suffisantes et qu’il n’y a pas lieu de les changer. En particulier en ce qui concerne les règles de concurrence de l’UE que les 22 autres Etats membres souhaiteraient voir « ajustées ou clarifiées afin de permettre aux organisations de producteurs d’avoir plus de pouvoir de négociation ».

Rôle « fondamental » des soutiens directs
S’il regrette également l’absence d’unanimité sur ces recommandations du GHN, le commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos, s’est dit, quant à lui, fermement engagé à présenter son arsenal de mesures législatives dans le courant de décembre 2010. Notamment en ce qui concerne les relations contractuelles entre les producteurs et transformateurs de lait, le renforcement du pouvoir de négociation des producteurs, la question des organisations interprofessionnelles et celle de la transparence au sein de la chaîne alimentaire. Lors de son intervention devant les ministres, il a notamment souligné qu’une « amélioration de la transparence permettrait à tous les maillons de la chaîne d’avoir une meilleure visibilité des différentes données du marché et de fonder leurs décisions sur des bases plus solides ». Il les a assuré que les instruments législatifs qu’il proposera seront en mesure « de créer les conditions d’une plus grande stabilité pour le secteur laitier tout en laissant le marché jouer son rôle ». Selon lui, « un minimum de stabilité est un impératif si l’on veut que la filière laitière continue à investir dans la perspective de la fin des quotas laitiers ». Le commissaire roumain a également souligné que le maintien de la production laitière « de manière harmonieuse sur le territoire européen constitue un enjeu majeur pour la biodiversité et les conséquences sociales et écologiques d’une concentration excessive de la production dans certaines régions seulement ». Il a précisé que les « soutiens directs jouent à cet égard un rôle fondamental ».

Bruxelles observe des « éclaircies » sur le marché laitier...
Comme elle le fait dorénavant tous les trimestres, la Commission européenne a présenté aux ministres son rapport sur la situation du marché du lait en Europe. Un marché qui, selon elle, « a continué à s’améliorer tout au long du 2e semestre de 2009 et du 1er semestre de 2010 avec des prix moyens sortie de ferme passant de 25 c/kg mi-2009 à un peu plus de 30 c/kg ». Les prix des principaux produits laitiers restent « largement supérieurs aux niveaux d’intervention, allant de 129 % pour le cheddar à 160 % pour le beurre ». La demande restant « dynamique tant sur le marché intérieur qu’à l’exportation ». Trois Etats membres (Pays-Bas, Danemark et Chypre) seraient en dépassement de quotas. Quant à eux, les stocks privés de beurre sont à un niveau « nettement inférieur aux années précédentes » et les restitutions sont à zéro pour tous les produits. Les exportations communautaires sont néanmoins « en croissance pour de nombreux produits en raison notamment des cours élevés sur le marché mondial et du taux de change généralement favorable par rapport au dollar », précisent les experts de la Commission.

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