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BPI Pas encore d’agriculture à la Banque publique d’investissement

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Pour améliorer leur compétitivité, le ministre de l’Agriculture incite les agriculteurs à investir. Et de prôner, pour ce faire, le recours à la Banque publique d’investissement (BPI), a-t-il indiqué le 28 mars, lors du congrès de la FNSEA, à Troyes. Lancée le 3 janvier, la BPI n’a pour l’heure reçu aucun dossier ayant trait à l’agriculture, selon sa direction. Le pôle annoncé dédié au secteur n’a pas non plus vu le jour, même si des parcours fléchés sont prévus dans le dispositif.

Parmi les facteurs de compétitivité, « l’investissement est un enjeu important », a défendu le 28 mars le ministre de l’Agriculture, lors du congrès de la FNSEA, à Troyes. Et, pourtant, les outils dédiés à l’investissement sont aujourd’hui sous-utilisés par les agriculteurs, a-t-il poursuivi, en donnant les cas du FSI (Fonds stratégique d’investissement) et d’Oseo, désormais rassemblés dans la structure commune de la BPI, avec CDC entreprises (la filiale de la Caisse des dépôts). « Il faut que l’on réinvestisse ces outils, la banque publique, mais aussi les réseaux financiers », a soutenu le ministre avant de citer le Crédit agricole – dont il a rencontré les dirigeants le matin même pour, à la fois analyser la situation du système financier français et les capacités à disposition pour investir, a-t-il précisé. Stéphane Le Foll a aussi désigné le réseau coopératif et mutualiste financier comme l’autre recours. « Je pense que c’est très important. Le ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt doit être le ministère de l’investissement », a-t-il défendu.

Les limites à l’investissement

Mais des inquiétudes demeurent en matière d’investissement agricole. Notamment, les 6 millions d’euros que le ministre prévoit de prélever sur le Casdar, un fonds dédié au développement agricole et rural et financé par une taxe professionnelle. Cette somme sera destinée aux instituts techniques qui seront chargés de la mise en œuvre du plan agroécologique, a indiqué Stéphane Le Foll en marge du congrès. Un choix qui prouve que les acteurs financiers du monde agricole ne sont pas si disposés à financer  l’agriculture, notamment son dossier majeur. Autre source d’inquiétude :  la BPI ne dispose pas d’un pôle dédié à l’agriculture et à l’agroalimentaire, comme il avait été envisagé le 18 septembre 2012, entre le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, le président de la FNSEA, Xavier Beulin et le président de Coop de France, Philippe Mangin. Mais deux personnes sont dédiées aux secteurs et des parcours fléchés permettent une prise en charge spécifique, a indiqué la direction de la Banque publique d’investissement.

Les TPE concernées en partie

Les entrepreneurs peuvent recourir à la BPI en vue d’un financement ou d’un investissement, en capital disponible dans chaque région de France, via un guichet unique. Les TPE, qui représentent une part importante du business de financement d’Oséo, sont concernés par le dispositif. En tous les cas, dans sa partie financement. Pour son volet investissement, cela concernera surtout les industries agroalimentaires, a indiqué la direction de la banque publique. Si aucun dossier n’a été déposé dans le secteur de l’agriculture depuis le lancement de la structure le 3 janvier 2013, des groupes agroalimentaires ou encore des coopératifs agricoles ont eu recours à l’un des fonds qui la composent en 2012. C’est le cas notamment de Limagrain, le spécialiste des semences de grandes cultures, à hauteur de 150 millions d’euros.

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