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Lait Pas le bon moment pour intervenir sur le marché laitier, selon Bruxelles

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Alertée par la Pologne et la Lituanie sur la situation du marché laitier, la Commission européenne a de nouveau rejeté, lors du Conseil agricole du 16 juillet, l’idée d’avoir recours à des instruments d’intervention pour redresser les prix. Bruxelles estime que la baisse des cours des produits laitiers est saisonnière et que le paquet lait qui entrera en vigueur en octobre devrait apporter les solutions nécessaires à la filière.

La PoLogne, soutenue par la Lituanie, a de nouveau alerté la Commission européenne et les etats membres de l’ue sur la chute des prix sur le marché des produits laitiers, lors du Conseil agricole du 16 juillet à Bruxelles (1). Les deux pays demandent à la Commission d’activer des mesures d’intervention de marché – restitutions à l’exportation, relèvement du prix d’intervention – pour éviter de retomber dans une crise comme celle qu’a connue le secteur en 2009. Mais la Commission européenne a rejeté cette hypothèse, estimant qu’il valait mieux dans un premier temps attendre l’entrée en vigueur du paquet lait prévue pour le mois d’octobre, tout en s’engageant « à suivre de très près et en permanence l’évolution du marché ». La Lituanie, qui exporte beaucoup de lait, souhaite surtout voir activées les restitutions à l’exportation,
alors que la Pologne est favorable à toute mesure qui pourrait redresser les cours des produits laitiers. Lors du Conseil, 11 États membres ont confirmé que la situation du secteur était délicate. La Belgique, le Portugal, la Hongrie, la slovénie, la Lettonie et l’espagne sont allés dans le sens de la Pologne en demandant l’activation d’instruments de marché. Certains d’entre eux ont néanmoins émis des réticences quant au recours aux restitutions à l’exportation qui ont des effets néfastes dans les pays les moins développés. D’autres États membres, comme le Royaumeuni, l’allemagne et Luxembourg ont pour leur part estimé qu’il était encore trop tôt pour agir, allant ainsi dans le sens de la Commission.

On ne résout pas des problèmes structurels avec des mesures conjoncturelles
Le commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos, a estimé que cette baisse des prix était le contrecoup des prix très élevés de l’année dernière qui ont entraîné une hausse de la produc-tion partout dans le monde (+3% dans l’ue, +5,5% en australie, +9,9% en nouvelle Zélande).
« Mais il n’y a pas de chute aussi brutale qu’en 2009 », a souligné le commissaire européen. Les dernières données disponibles font état d’un prix moyen du lait payé au producteur dans l’ue de 31,6 centimes soit 30% de plus qu’en 2009. « Ce sont les produits standards qui sont les plus sensibles à la volatilité, a précisé Dacian Ciolos. L’impact est donc le plus important dans les pays où l’on commercialise des produits de faible valeur ajoutée ». selon lui, « ce type de faiblesses ne se résout pas avec des mesures conjoncturelles d’intervention du marché. C’est pourquoi j’ai proposé le paquet lait » pour renforcer le pouvoir des producteurs au sein de la chaîne alimentaire.
Autre argument qui fait dire à la Commission que l’activation d’instruments de marché est prématurée: depuis mai, les prix du beurre et du lait écrémé en poudre sont repartis à la hausse. Les exportations de ces deux produits ont atteint des sommets historiques en 2010 et 2011 et, selonles chiffres disponibles à ce jour, 2012 devrait être encore une meilleure année (+ 22% sur les 4premiers mois). « La transmission des prix n’est pas instantanée au sein de la filière lait. Il faudra quelques semaines avant que cette hausse se reflète dans les prix payés aux agriculteurs pourleur lait », a assuré le commissaire.

(1) Voir n° 3356 du 25/06/2012
(2) Voir n° 3359 du 16/07/2012

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