Intervenant lors d’une conférence organisée le 1er mars par le syndicat FGA-CFDT à l’occasion du salon de l’agriculture sur le thème « L’avenir des services à l’agriculture », Pascal Coste, secrétaire général adjoint de la FNSEA, a exprimé sa crainte que la loi d’orientation impose des « dégraissages ». Il a exprimé, au sujet des services, une opinion qui n’est pas, selon lui, majoritaire dans la grande maison.
« La FNSEA n’a pas de ligne claire en matière de services, a expliqué Pascal Coste. Cela fait débat et les débats sont vifs. La loi d’orientation agricole devra traiter ces problèmes mais l’Etat va être embarrassé, il devra choisir entre les impératifs de dégraissage et les services au public ».
Selon lui, « on se réfugie derrière le pacte de stabilité budgétaire pour dire qu’il y a des contraintes budgétaires. La réforme budgétaire actuelle va poser problème à l’agriculture car l’agriculture sera sa variable d’ajustement. Le développement rural au sens large risque d’être laissé pour compte. Il y a un vrai combat à mener entre l’ensemble des salariés et les agriculteurs sur ce point ».
« Si l’agriculture dispose de moins de moyens, est-ce que ces moyens ne vont pas être concentrés sur deux ou trois axes, au détriment des autres ? Trouverons-nous une solution pour garder notre modèle d’organisation et de services ?», s’est-il interrogé.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Opposition à une externalisation des services de l’Etat
« Je ne suis pas favorable à l’externalisation des services. Je pense que l’Etat doit assumer les responsabilités qui sont les siennes. Tout ce qui est du rôle de l’Etat et du service public doit être assuré par l’Etat. Ce qui est du rôle du Cnasea, des Adasea… devrait rester du domaine du ministère de l’Agriculture. Mais je ne suis pas dans le courant majoritaire de la FNSEA », a déclaré Pascal Coste, après qu’eurent été évoquées de possibles réformes de structures.
« Pour autant, il faudra faire des économies d’échelles », a t-il estimé. Pour cela, « il faudra clarifier la mission du service public ». « Quelles missions on conserve ? Qui les assume ? », a t-il poursuivi.
« Il faudra faire attention à l’individualisation. Les services marchands aux individus ne tiennent pas compte d’une orientation générale. Il va être dificile de garder des projets collectifs. Notre intérêt est de garder des socles de services, les plus horizontaux possibles», a anticipé Pascal Coste sur la réforme à venir. Evoquant les chambres d’agriculture, « voulons-nous encore des chambres d’agriculture et avec quels services ? », a t-il demandé. « Il faut les recentrer sur les missions de développement, de recherche, sur celles liées à l’environnement et aux relations avec les collectivités territoriales », a conseillé le responsable syndical estimant que l’agriculture a « besoin d’un cadre global à fixer par l’Etat, d’une ligne commune à tout le territoire ».