Luc Chatel aura passé outre les peurs des uns et le jusqu’au-boutisme des autres pour faire adopter cette semaine par le gouvernement une nouvelle réforme des relations industrie-commerce. N-ième étape d’un processus qui vise à faire oublier les inconvénients avérés de la Loi Galland, son projet de loi doit régir les contrats – en cours de préparation – que les enseignes vont signer avec leurs fournisseurs d’ici au 1er mars impérativement. Avec moins de chausse-trappes juridiques et plus de transparence et surtout une réintégration désormais complète des marges arrière dans le calcul du seuil de revente à perte, le nouveau cadre de négociation déplaît foncièrement aux grands distributeurs, et ne va pas laisser tous les industriels sur la même ligne de satisfaction. En effet, les grandes marques vont clairement se voir mieux promues avec des baisses de prix visibles, dans tous les cas du moins où les hausses de matières premières ne viendront pas contrecarrer le mouvement vertueux du triple net qu’instaure la réforme. En revanche, les distributeurs devront se refaire des marges sur les autres marques et sur les MDD, ce qui ne laisse pas d’inquiéter bien sûr les PME.
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Des polémiques qui n’ont fait que croître et embellir depuis quelques semaines, il n’y a peut-être rien à attendre, ni à craindre d’ailleurs, mais elles ne présagent pas des débats très sereins au Parlement qui va se pencher sur le texte à partir du 21 novembre. Ce qui est sûr, c’est que l’industrie a plutôt bien assuré son lobbying jusqu’ici et que l’appel au peuple auquel se livrent les grandes surfaces ne s’est pas avéré très efficace : on ne sait pas si l’opinion va s’apitoyer sur l’écrasement de leurs marges ou déplorer l’échec de la croisade pour le pouvoir d’achat...